Alors qu’ils se rendaient à une audience au tribunal pour leur leader Tundu Lissu, accusé de trahison, deux responsables de l’opposition tanzanienne ont été arrêtés par la police jeudi 24 avril, selon un parti politique.
Brenda Rupia, porte-parole du parti, indique que le vice-président du parti Chadema, John Heche, et le secrétaire général, John Mnyika, ont été arrêtés. Pourtant, ils se dirigeaient vers le tribunal de première instance de Kisutu à Dar es Salaam.
Sur le réseau social X, Brenda Rupia affirme que « l’opposition continue d’être témoin de graves violations des droits humains, des libertés civiques et de l’État de droit en Tanzanie ». « Nous ne permettrons pas à notre nation de retomber dans les ténèbres de la peur, des menaces et de l’oppression », a-t-elle déclaré sur les réseaux sociaux.
En Tanzanie, l’opposant Tundu Lissu, qui était arrivé deuxième à l’élection présidentielle de 2020, a été accusé de trahison ce mois-ci. C’est pour ce que les procureurs ont qualifié de discours, appelant le public à se rebeller et à perturber les élections présidentielles et parlementaires qui devraient avoir lieu en octobre. Pour l’heure, l’audience a été ajournée au 6 mai, selon l’avocat de M. Lissu, Jebra Kambole, cité par Reuters.
Selon Rupia, Tundu Lissu a refusé de participer à l’audience après que les autorités ont décidé de mener un procès virtuel avec lui comparaissant par liaison vidéo depuis la prison. Elle affirme que le refus d’amener physiquement Lissu au tribunal « porte atteinte au droit de la personne accusée ».
Le parti Chadema qualifie cette décision d’inconstitutionnelle. Bien avant, il avait menacé de boycotter les élections à moins que des réformes significatives ne soient apportées à un processus électoral. D’après le parti, cette décision favorise le parti au pouvoir.
En Tanzanie, la présidente Samia Suluhu Hassan a promis que son gouvernement va s’engager dans le respect des droits de l’homme, ordonnant une enquête sur une série d’enlèvements en 2024. En fait, plusieurs critiques du gouvernement ont été kidnappés, tués ou blessés.
Pour l’heure, les accusations portées contre M. Lissu, qui a reçu 16 balles lors d’une attaque en 2017, ont mis son bilan en matière de droits humains sous les projecteurs.
Josaphat Mayi

