En Afrique du Sud, le président Cyril Ramaphosa a annoncé ce mercredi 30 avril son intention de créer une commission d’enquête sur d’éventuelles tentatives d’entraver les investigations ou les poursuites de crimes datant de l’ère de l’apartheid, selon la présidence du pays.
La présidence annoncera prochainement le nom du président de la commission d’enquête, son calendrier et son mandat détaillé. D’après le communiqué de la présidence sud-africaine, les allégations de pressions induites visant à retarder ou à entraver les enquêtes ou les poursuites de crimes datant de l’ère de l’apartheid, ont persisté sous les administrations précédentes.
Avec cette commission, le président Ramaphosa est déterminé à ce que les faits réels soient établis et à ce que la question soit séparée. Après la fin du régime répressif violent de la minorité blanche et l’élection de l’ex-ennemi public Nelson Mandela en 1994, la commission Vérité et réconciliation, décidée par Desmond Tutu, avait permis d’apaiser le pays. Cette commission avait offert à l’amnistie à ceux seulement qui avoueraient leurs crimes.
Depuis, quelque 850 de ces amnisties ont été accordées. Mais la commission a aussi recommandé des poursuites dans plus de 300 affaires, qui n’ont pour la plupart jusque-là jamais débouché sur un procès. Cette année, 25 familles de victimes et de survivants de crimes du gouvernement de l’apartheid ont lancé des poursuites contre le gouvernement sud-africain, accusées de « manquement flagrant » à l’enquêteur. En plus de dommages et intérêts, ils exigeaient une « commission d’enquête indépendante et publique sur l’ingérence politique qui a entraîné l’enfouissement de plusieurs centaines de crimes graves ».
Porte-parole des 25 familles et fils de l’une des quatre personnes assassinées en 1985 dans ce qui est connu comme les meurtres de Cradock, Lukhanyo Calata a attaqué les gouvernements successifs. Il a commencé par celui dirigé par l’ancien président Thabo Mbeki. Il s’agit du successeur de Nelson Mandela.
D’après l’AFP, une entente secrète entre les nouveaux hommes forts de l’ANC et des membres de l’ex-gouvernement de l’apartheid a longtemps été soupçonnée.
Josaphat Mayi

