Alors les Emirats arabes unis sont accusés de soutenir les Forces paramilitaires de soutien rapide (FSR), l’Union africaine s’oppose à toute ingérence dans les affaires intérieures du Soudan.
Depuis avril 2023, ce pays d’Afrique de l’Est est dévasté par un conflit sanglant opposant le général Abdel Fattah al-Burhane, dirigeant de facto du pays depuis un coup d’Etat en 2021, et son ancien adjoint, le général Mohamed Hamdane Daglo, chef des Forces de soutien rapide (FSR).
La semaine dernière, le gouvernement soudanais a rompu ses relations diplomatiques avec les Emirats, en les accusant de fournir des armes aux FSR. Ces accusations sont rejetées par les Emirats malgré des rapports d’experts de l’ONU, de responsables politiques américains et d’organisations internationales.
« La position de la Commission est de dire que les Etats membres sont des Etats souverains et la Commission de l’UA n’acceptera (aucune) ingérence dans les affaires intérieures du Soudan », a affirmé lors d’une conférence de presse à Addis Abeba Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA.
« Nous ne soutiendrons aucune intervention, aucune ingérence dans la crise du Soudan », a-t-il également martelé.
Mahamoud Ali Youssouf, ancien ministre des Affaires étrangères de Djibouti, élu à la tête de l’organisation panafricaine en février, a botté en touche sur l’implication des Emirats, affirmant que « ce n’est pas le rôle de l’UA » de l’affirmer. « C’est le Soudan qui a accusé les Emirats, c’est au Soudan de fournir les preuves », a-t-il déclaré.
Le conflit a divisé de fait le pays en deux. L’armée contrôle à présent le centre, l’est et le nord du Soudan, tandis que les paramilitaires tiennent à l’ouest la quasi-totalité de la vaste région du Darfour et certaines parties du sud.
Ces derniers jours, les attaques de drones attribuées par l’armée aux FSR se sont multipliées, marquant un tournant dans le conflit. Des attaques de drones ont notamment visé des sites stratégiques de Port-Soudan, siège provisoire du gouvernement et épicentre logistique de l’aide humanitaire.
En février, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avait réclamé que le « flux d’armes » cesse dans le pays. La situation au Soudan, pays d’environ 50 millions d’habitants, est la « pire crise humanitaire au monde », avec plus de 12 millions de personnes déplacées, selon l’UA.
AFP/Sahutiafrica

