Ce mercredi 28 mai, le gouvernement namibien va organiser la première commémoration nationale en mémoire des victimes des massacres perpétrés par les colonisateurs allemands, considérés comme le premier génocide du XXe siècle, 120 ans après.
D’après un programme publié par le gouvernement ce lundi, la Journée de commémoration du génocide se déroulera dans les jardins du parlement. La journée sera avec une veillée aux bougies et une minute de silence. Si la présidente Netumbo Nandi-Ndaitwah devra prononcer un discours, la journée a été déclarée fériée. Des membres du corps diplomatique sont attendus à la cérémonie.
Connu sous le nom de Sud-Ouest africain allemand, entre 1884 et 1915, l’Allemagne a colonisé ce territoire. Au début du XXe siècle, des troupes allemandes de l’époque coloniale ont massacré des dizaines de milliers de membres des peuples autochtones herero et nama, qui s’étaient révoltés contre l’occupation coloniale allemande entre 1904 et 1908 dans ce pays d’Afrique australe.
La confiscation des terres, du bétail et l’exploitation des femmes par les colons ont déclenché une révolte des Herero en janvier 1904, au cours de laquelle plus de 100 civils allemands ont été tués en quelques jours. Les Nama ont rejoint le soulèvement l’année suivante. Depuis, l’ armée allemande a répliqué avec une extrême brutalité.
Elle a tué environ 60.000 Herero et 10.000 Nama. Des centaines de personnes ont été décapitées, et leurs crânes envoyés à Berlin pour des expériences censées prouver la supériorité raciale des blancs sur les noirs. Après ces événements, l’Allemagne a longtemps refusé de reconnaître sa responsabilité dans ces événements. Mais en 2021, le pays européen a admis que ses colons avaient commis un génocide.
En Namibie, le 28 mai a été choisi comme date de commémoration, en référence à la décision prise ce jour-là, en 1907, par les autorités allemandes de fermer les camps de concentration, sous la pression internationale dénonçant la violence des conditions de détention et l’ampleur des pertes humaines.
Selon le gouvernement, cette commémoration, appelée à devenir annuelle, marque le début d’un processus national de guérison, qui y voit également un moment de recueillement et de deuil national.
Josaphat Mayi

