Au Sénégal, la Cour suprême a rejeté le recours d’Ousmane Sonko, Premier ministre du pays qui contestait sa condamnation en janvier 2024 à six mois de prison avec sursis pour «diffamation».
La Cour suprême a rejeté le recours en rabat d’arrêt. Il s’agit d’une procédure rare, qui demandait le renvoi du dossier devant le Conseil constitutionnel. Ciré Clédor Ly, des avocats d’Ousmane Sonko, indique que la requête en rabat d’arrêt a été rejetée. Il affirme que le motif pris de ce que les juges de la chambre pénale n’avaient pas commis une erreur de procédure en rejetant la demande de sursis à statuer et de renvoi du dossier au Conseil Constitutionnel.
En fait, M. Sonko était poursuivi par un ministre de l’ancien régime, Mame Mbaye Niang, pour diffamation, injures et faux. Pour l’heure, la décision de la Cour a suscité un nouveau débat sur l’éligibilité ou non du chef du parti au pouvoir, Pastef.
« Ce dossier n’a aucun rapport avec ma candidature. De ce qui reste de mon existence, si je ne participe pas à une élection ce serait de ma propre volonté parce que rien ne peut m’empêcher d’être candidat», a expliqué Ousmane Sonko mardi soir dans une vidéo. En fait, M. Sonko estime que l’affaire «n’est pas encore finie».
M. Sonko, devenu Premier ministre depuis avril 2024, est impliqué dans plusieurs autres affaires judiciaires, qu’il a toujours dénoncé comme des complots visant à l’écarter de la présidentielle de l’année dernière. Le 1er juin 2023, il a été déclaré coupable de débauche de mineure et condamné à deux ans de prison ferme. Il ne s’était pas présenté au procès et a été condamné par contumace.
Pourtant, fin juillet 2023, M. Sonko, a été emprisonné sous d’autres chefs d’inculpation, dont appel à l’insurrection, avant d’être libéré quelques jours avant l’élection présidentielle du 24 mars 2024, à la faveur d’une loi d’amnistie.
Au Sénégal, Ousmane Sonko, qui était encore opposant au moment des faits, a d’ailleurs annoncé l’introduction dès ce mercredi d’un nouveau recours par sa défense. Selon de nombreux juristes, cette décision clôture définitivement cette affaire.
S’il a indiqué avoir saisi le ministère de la Justice pour la réouverture de tous les dossiers le concernant, la condamnation, prononcée en appel en mai 2023 par un tribunal de Dakar puis confirmée par la Cour suprême en janvier 2024, l’avait empêché d’être candidat à la présidentielle de mars 2024, remportée par son second, Bassirou Diomaye Faye.
Josaphat Mayi

