En Centrafrique, Henri-Marie Dondra, Premier ministre, a été limogé et remplacé par Félix Moloua, ministre de l’Economie sur fond des tensions entre les factions pro-russes et pro-françaises au sein du gouvernement de ce pays. Albert Yakole Mokpeme, porte-parole de la présidence centrafricaine, l’a annoncé lundi 7 février. Selon la même source, le président Faustin Archange Touadéra a décidé de mettre fin aux élucubrations et à la confusion.
« Faustin Archange Touadéra avait nommé Dondra parce qu’il était proche des bailleurs de fonds internationaux et qu’il entretenait de bonnes relations avec la France », a expliqué Roland Marchal, chercheur à Sciences Po Paris à l’AFP. Mais l’ancien Premier ministre avait « peu de contrôle sur les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et sur l’influent président du parlement pro-russe, Simplice Sarandji ».
Au moment de la nomination de Henri-Marie Dondra au poste de Premier ministre, il était perçu comme plus pro-français que son prédécesseur Firmin Ngrebada, considéré comme plus sympathique aux Russes.
Félix Moloua, nouveau Premier ministre, est considéré comme un loyaliste et un technocrate sans profil politique, selon une source diplomatique. Démographe de formation, 64 ans, a été directeur de cabinet du ministère de l’Economie pendant huit ans avant de se voir confier le portefeuille par M. Touadéra en 2016.

La semaine dernière, l’Union européenne a déclaré qu’elle reprendrait une mission d’entraînement militaire suspendue en Centrafrique que si les soldats cessaient de travailler pour le groupe russe Wagner.
Fin 2020, Bangui a demandé aux sous-traitants militaires russes, aux côtés des troupes déployées par le Rwanda, qui ont aidé à réprimer une rébellion contre l’administration Touadéra. Grâce à leur aide, les forces gouvernementales centrafricaines ont repris une grande partie des deux tiers du pays et plusieurs grandes villes que les rebelles contrôlaient. En 2013, une guerre civile avait éclaté dans le pays, faisant des milliers de morts et forçant plus d’un quart des 4,9 millions d’habitants à fuir leur foyer.
Dinho Kazadi

