Après l’arrestation de quatre-vingt-quatre de ses militants, Les Transformateurs, parti de l’opposant Succès Masra, a annoncé la suspension des négociations pour une éventuelle participation au dialogue national inclusif.
Cette formation politique exige le retrait de forces de l’ordre, qui ont encerclé son siège dénommé ces derniers jours « balcon de l’espoir ».
Pourtant, la direction des Transformateurs a échangé avec une équipe du comité chargé de négocier avec les mouvements et associations, qui boycottent le dialogue national. Quelques heures après cette rencontre, ces interpellations viennent crisper le climat politique, même si la police affirme que « ces militants ont été arrêtés pour avoir manifesté sans une autorisation ».
Les Transformateurs, Wakit Tamma et le Fact, un des principaux groupes armés du Tchad, ont boudé le dialogue national qu’ils qualifient de monologue et de déjà joué d’avance. L’opposant Succès Masra veut plus de justice et d’égalité dans ces assises débutées à N’Djamena le 20 août dernier et censées déboucher sur le retour à l’ordre constitutionnel. Un blocage qui inquiète le groupe de chefs religieux et Aînés.
« Nous avons en face des gens qui, étant au pouvoir, n’écoutent pas les autres, qui veulent du changement et qui tiennent à tout prix à ce que ce changement ait lieu. Nous sommes donc face à deux blocs, il faut que chacun essaie, comme on dit, de mettre de l’eau dans son vin pour qu’on puisse avancer. Si tout le monde reste sur sa position de manière rigide, on va arriver à une cassure qui va être fatale pour le pays », a déclaré Baniara Yoyana, porte-parole de ce groupe, à RFI.
Suspendus par le présidium pour permettre aux contestataires de regagner les débats, les travaux du dialogue reprennent dans un contexte tendu ce samedi.
Trésor Mutombo

