Emmanuel Macron à Bandal, victoire stratégique ?

Il est venu. Il a vu. Il a vaincu. A Kinshasa, l’arrivée du président français Emmanuel Macron a fait parler avant, pendant et après. Quelques jours, voire quelques heures avant son arrivée le 3 mars dans la capitale de la RDC, des mouvements citoyens appelaient à la mobilisation contre sa visite.

Les critiques portaient sur l’ambiguïté de la position de la France, de la sienne, dans les tensions, en escalade, entre la RDC et le Rwanda. « Emmanuel Macron soutiendrait visiblement le Rwanda de Paul Kagame, qui appuie la rébellion du M23 pour déstabiliser l’est du Congo, où les FARDC et les rebelles s’affrontent », scandaient parmi ces quelques jeunes sur l’avenue des Huileries, samedi 4 mars.

Sous un soleil de plomb, ces jeunes manifestants, drapeaux en main, ont affronté le dispositif de sécurité présent devant l’INRB, Institut national de recherches biomédicales, œuvre de la coopération avec la France. La vingtaine des jeunes des mouvements citoyens était tenue à bonne distance par les éléments de la police nationale et de la garde républicaine présents.

Les slogans contre la France et contre le président Macron sont scandés durant la journée. Macron n’est pas dupe et ne se laisse pas démonter. Il vient à l’INRB avec un plan après. En soirée, il joue aux Kinois et va visiter le « Paris » de Kinshasa : la commune de Bandalungwa. Un des hauts lieux de l’ambiance de la ville.

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La présence de Macron dans « Bandal c’est Paris » vient comme légitimer et donner corps à ce qui ressemblait à un slogan imaginaire. « Le président de la France est venu siroter une bière à Bandal avec la coqueluche de la chanson congolaise de l’heure : Fally Ipupa. Qui va encore douter que Bandal c’est Paris ? », s’extasie un jeune dans les environs du bar où Emmanuel Macron siffle sur une bouteille Castel Beer. Marque française.

En fait, pour eux, Bandal c’est Paris. Le président Français ne va pas boire à la Gombe, trop huppée et parfois sélect. Il ne va pas non plus à Matonge (Victoire), autrefois considéré comme le temple de l’ambiance à Kinshasa. Il va à Bandal. Il se prête volontiers aux selfies, photos dans une ambiance bon enfant. Et il boit à même la bouteille pour marquer la familiarité avec ses hôtes et guides de la nuit de Bandal, dont le jeune ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, tous, en manches de chemise.

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Emmanuel Macron, hué, chahuté à l’est de la ville, est acclamé à Bandal. Un bon coup de comm réussit pour diviser l’opinion. Avec Fally Ipupa, une autre bonne pioche. Il s’en sort tellement bien. Sa visite à Bandal éclipse même son échange musclé, pendant un temps, avec le président congolais Félix Tshisekedi au cours duquel des vérités ont été dites. Sur les attentes de la RDC et sur les positions de la France. Quand Tshisekedi demande le respect pour l’Afrique. Macron rappelle qu’il est là d’abord pour les intérêts de la France. Aux Congolais de se battre pour leur propre respect. En attendant, tous se soumettent au plan de paix en cours…

Un peu de détente à Bandal. Et dire que quand la bière coule, la politique s’éloigne et laisse à la flatterie de l’égo. Et l’on retiendra qu’Emmanuel Macron a visité le Paris de Kinshasa : Bandal.

Alimasi Kambale

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