L’Alliance Démocratique (DA), deuxième force politique d’Afrique du Sud et membre de la coalition gouvernementale, a annoncé son retrait du dialogue national initié par le président Cyril Ramaphosa ce week-end.
Sans doute, c’est un coup dur pour le gouvernement d’unité nationale à l’approcge de son premier anniversaire. Lancé le 10 juin par le président Ramaphosa (Congrès national africain, ANC), ce dialogue national vise à aborder les problèmes persistants du pays, tels que le chômage et la criminalité, par une large consultation de la population.
Cependant, l’initiative a rapidement suscité des critiques, notamment de la part de la DA, dont le chef, John Steenhuisen, l’a qualifiée de « perte de temps et d’argent ». Il justifie sa décision par le fait que « rien ne changera en Afrique du Sud si nous gardons autour de la table gouvernementale ceux qui ont baigné eux-mêmes dans la corruption ».
Le dialogue national devait débuter à la mi-août par une convention réunissant des représentants de divers secteurs de la société, notamment le gouvernement, les partis politiques, les entreprises et les syndicats. Une deuxième phase de consultations, impliquant les citoyens à travers le pays, était prévue pour aboutir à une deuxième convention l’année prochaine.
Cette annonce intervient à quelques jours du premier anniversaire, le 1er juillet, de la formation du GNU, composé de dix partis. Cette coalition a été mise en place après que l’ANC, affaibli par une gouvernance marquée par la corruption, n’a pas réussi à obtenir la majorité absolue lors des dernières élections.
Depuis sa formation, le GNU a été secoué par des dissensions internes, notamment concernant le budget. Par ailleurs, un ministre de la DA, Andrew Whitfield, a récemment été limogé pour avoir effectué un voyage à l’étranger sans autorisation, selon la présidence. Cet incident illustre les tensions persistantes au sein du gouvernement de coalition.
Ephraïm Kafuti

