Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est de la Libye, a, lors d’un discours devant des officiers de son armée, exigé la mise en place « d’une Haute commission chargée de mettre en place les dispositions financières en vue d’une gestion équitable des fonds publics ».
Il fixe un délai. Pour lui, cette commission doit être mise en place avant fin août. Le maréchal Khalifa Haftar menace-t-il d’appuyer à la détente ? « Faut de quoi, les forces armées seront prêtes à répondre aux instructions le moment », a-t-il déclaré. Sans plus de précisions.
L’homme fort de l’Est libyen tacle aussi quelques ambassadeurs des pays occidentaux. « Les ambassadeurs de certains pays, surtout le dénommé Norland ont échoué à contribuer à la solution de la crise libyenne et ont, au contraire, approfondi les différends entre Libyens », a ajouté Khalifa Haftar.
En fait, il fait allusion Richard Norland, ambassadeur des Etats-Unis, a, dans un tweet, exhorté « les acteurs politiques libyens à renoncer aux menaces d’un blocage pétrolier, hautement néfaste à l’économie libyenne et aux Libyens ».
Mais, ce discours passe mal dans le camp de Khalifa Haftar qui dénonce une ingérence dans les affaires internes des Libyens. « Cessez de fourrer votre nez dans les affaires des Libyens, qui finiront par s’entendre sans vos ingérences », a lâché M. Haftar.
En Libye, les recettes du pétrole sont la principale source de revenus et très souvent au cœur des querelles entre camps rivaux. Elles sont gérées par la Compagnie nationale de pétrole et la Banque centrale, basées à Tripoli.
Entre-temps, ce pays africain peine toujours à s’extirper de plus d’une décennie de chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, déposé durant le printemps arabe en 2021. Depuis, ce pays est rongé par des divisions entre l’est et l’ouest.
La Libye se retrouve, depuis mars 2022, avec deux gouvernements qui se disputent le pouvoir. L’un est dirigé par Abdelhamid Dbeibah, installé à Tripoli dans l’ouest libyen et reconnu par les Nations unies. L’autre dans l’Est, soutenu par le maréchal Khalifa Haftar. Le 24 juin, Oussama Hamad, chef du gouvernement parallèle installé dans l’Est, avait menacé de bloquer les exportations d’hydrocarbures, exigeant une saisie des revenus pétroliers gérés par ses rivaux dans l’Ouest.
Trésor Mutombo

