Arrestations, actes de torture, expulsions de maisons… En Ouganda, les minorités sexuelles sont confrontées à une escalade des violations des droits humains, avec plus de 1 000 cas enregistrés ces neuf derniers mois, selon un rapport d’un groupe de pression.
Il indique que les membres de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre et queer (LGBTQ) d’Ouganda sont confrontés à des violations de leurs droits croissantes depuis le début de l’année dernière. C’est lorsque le parlement a commencé à examiner une loi anti-homosexualité.
Dans un rapport marquant le premier anniversaire de l’adoption de l’AHA, le Convening for Equality (CFE), un groupe de pression sur les minorités sexuelles, déclare qu’au moins 1 253 violations des droits humains ont été enregistrées entre septembre et mai. Il s’agit d’une augmentation par rapport aux 306 violations enregistrées entre janvier et août de l’année dernière.
Les violations ont été commises par des acteurs étatiques et non étatiques. Ils comprenaient des actes de torture, des rejets familiaux, des agressions physiques, des expulsions, des arrestations arbitraires, des agressions sexuelles et de l’extorsion.
« Des personnes LGBTQ+ connues et/ou perçues ont été arrêtées, torturées, battues, dénoncées, y compris lors d’expulsions et de bannissements, de chantage, de perte d’emploi et de perturbations des services de santé », indique le rapport.
La législation, appelée Loi anti-homosexualité (AHA), a finalement été adoptée en mai de l’année dernière. En vertu de la loi, entre autres sanctions sévères. Les rapports homosexuels sont passibles de la prison à vie. L’homosexualité dite aggravée est passible de la peine de mort.
Dans un jugement rendu en avril dans une affaire contestant la loi, la Cour constitutionnelle ougandaise a refusé d’annuler la loi.
D’après elle, violaient les droits à la santé et à la propriété. Cette décision a été soutenue par de fréquentes fausses nouvelles partagées sur différentes plateformes et par une campagne soutenue visant à présenter les personnes LGBTQ+ comme des personnes qui cherchent à recruter des enfants dans l’homosexualité, selon le rapport.
Depuis son adoption, l’AHA a suscité une large condamnation de la part de l’Occident. Elle a déclenché des sanctions contre l’Ouganda et certains dirigeants.
La Banque mondiale a suspendu tous les nouveaux prêts. Les États-Unis ont exclu l’Ouganda d’un accord commercial préférentiel et ont également imposé des sanctions, contre des individus anonymes, pour violation des droits des minorités.
Josaphat Mayi

