Alors qu’Ensemble pour la République, parti de Moïse Katumbi, dénonce l’encerclement de la résidence de leur leader à Kashobwe, Haut-Katanga, par les forces de sécurité, les autorités évoquent un faux pas de militaires déployés sur la zone.
L’affaire fait déjà polémique. Dans une vidéo qui fait le tour de réseaux sociaux, Olivier Kamitatu, porte-parole de Moïse Katumbi, affirme que des militaires « lourdement armés » et circulant à « bord des véhicules blindés » encerclent la maison de l’opposant congolais.
« Cette situation qui équivaut à une résidence surveillée de fait s’inscrit dans une démarche, une escalade dictatoriale du pouvoir qui cherche à écraser toute forme d’opposition démocratique, pacifique et non violente. Moïse Katumbi est un citoyen libre dans son pays dans lequel il a le droit de s’exprimer et de circuler tout à fait librement », a déclaré M. Kamitatu.
Moïse Katumbi, 59 ans, est arrivé deuxième à la présidentielle. Mais, l’opposant conteste les résultats provisoires publiés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), donnant Félix Tshisekedi vainqueur avec plus de 70% des voix. Il exige l’annulation des élections qu’il juge « chaotiques ». Pour Olivier Kamitatu, le pouvoir cherche à intimider un leader politique, dont le seul crime est d’avoir demandé l’annulation des élections les plus frauduleuses jamais organisées en RDC.
La résidence de Moïse Katumbi a-t-elle été encerclée ? « Aucune instruction n’a été donnée dans le sens de restreindre la liberté de circulation de qui que ce soit à Kashobwe », a répliqué Jacques Kyabula, gouverneur du Haut-Katanga, dans une publication sur le réseau social X.
Il parle d’un faux pas commis par quelques éléments des forces de l’ordre dépêchés, du reste, dans cette partie en vue de dissuader les velléités de certains compatriotes à vandaliser les biens de leurs adversaires politiques ». Mais aussi, condamne cet « incident malheureux ».
Vendredi dernier, une personne a été tuée dans une manifestation qui a éclaté à Kashobwe, où le siège de l’UDPS, parti présidentiel, a été saccagé. Selon un responsable local, les manifestants se sont attaqués aux particuliers, mais aussi saccagés une dizaine de maisons et le bureau de la direction générale de migration.
Les activités ont repris dans cette zone, où des forces de l’ordre ont été déployées. Depuis la publication des résultats provisoires de la présidentielle, le climat reste crispé et tendu dans cette zone.
Trésor Mutombo

