Joseph Kabila, ancien chef de l’Etat congolais devenu opposant, est de nouveau sorti de son silence, affirmant en faveur du départ de toutes les armées étrangères de l’est de la RDC, où la situation sécuritaire est tendue et marquée par la percée du M23, rébellion soutenue par le Rwanda.
Dans cette interview accordée à une chaîne de télévision namibienne, Joseph Kabila présente ce retrait comme une étape cruciale pour instaurer la paix dans la région des Grands Lacs. Sans toutefois mentionner les acteurs impliqués dans ce conflit, notamment le Rwanda qui essuie des sanctions pour son soutien au M23.
Depuis l’avancée des rebelles du M23 et les troupes rwandaises, qui contrôlent les villes de Goma et de Bukavu, les tensions sont vives. Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, a alerté sur le risque d’une guerre qui pourrait embraser toute la région. Les relations entre Kinshasa et Kigali se sont considérablement dégradées, plongeant dans une brouille profonde.
Après avoir critiqué son successeur dans une tribune, Joseph Kabila, sénateur à vie, tempère. Il paraît détendu et affirme son engagement envers la RDC. M. Kabila a dirigé la RDC durant 18 ans après avoir succédé à son père, Laurent Désiré Kabila, assassiné. Son règne a été marqué par des dialogues avec l’opposition, trois cycles électoraux et une passation pacifique du pouvoir.
Alors que le climat politique est crispé en RDC, où l’opposition dénonce les dérives dictatoriales du régime du président Tshisekedi, Joseph Kabila insiste sur la capacité des Congolais à résoudre leur propre problème sans l’intervention de médiateurs étrangers. Pourquoi ? « Il n’y a pas un médiateur étranger qui connaisse le Congo mieux que les Congolais eux-mêmes », a glissé Joseph Kabila.
Il assure vouloir « pleinement disponible pour servir son pays, continuer à œuvrer pour son peuple et contribuer au développement de la région ». « Cette déclaration confirme la volonté de l’ancien président de jouer un rôle actif dans l’avenir de la RDC », a déclaré M. Kabila.
Entre-temps, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) se réorganise. Depuis, Joseph Kabila a nommé Aubin Minaku au poste de numéro 2 de sa formation politique. Dans une déclaration, le PPRD a nié tout lien avec la coalition rebelle Alliance Fleuve Congo (AFC) de Corneille Nangaa, ancien président de la commission électorale devenu chef rebelle.
Ephraïm Kafuti

