Mercredi 26 mars, le président Tshisekedi a été reçu par son homologue angolais, Joao Lourenço, à Luanda, quelques jours après le retrait de l’Angola de sa mission de médiation dans la crise sécuritaire dans l’est de la RDC, marquée par l’activisme de rebelles du M23.
Malgré ce retrait, les deux chefs d’État ont réaffirmé la solidité des relations bilatérales entre l’Angola et la RDC. Selon le chef de la diplomatie angolaise, Antonio Tété, ils ont convenu de « maintenir une concertation et des consultations régulières, dans le cadre des responsabilités actuelles de l’Angola à la présidence tournante de l’Union africaine ».
Cette rencontre intervient dans un contexte diplomatique tendu. Le revirement de Kinshasa, qui avait surpris Luanda, a été un facteur déterminant dans la décision de l’Angola de se retirer de la médiation.
En effet, quelques jours auparavant, le président Tshisekedi avait rencontré son homologue rwandais, Paul Kagame, à Doha au Qatar. Pourtant, les délégations de Kinshasa et du M23-AFC étaient attendues à Luanda pour le processus de paix.
Cette initiative qatarie a coïncidé avec d’autres revers diplomatiques pour le processus de Luanda. En décembre 2023, une rencontre Tshisekedi-Kagame à Luanda avait déjà échoué en raison de l’absence du président rwandais, qui exigeait un dialogue direct entre Kinshasa et le M23, ce que la RDC refusait. Plus récemment, le 18 mars, Kinshasa avait accepté de rencontrer l’AFC/M23 à Luanda, mais les rebelles avaient boycotté la rencontre en raison des sanctions européennes contre plusieurs de leurs responsables.
Désormais, Luanda souhaite concentrer ses efforts sur les priorités de l’Union africaine. Parallèlement, un sommet conjoint des chefs d’État de la SADC et de l’EAC a conduit, le 24 mars, à la fusion des processus de Luanda et de Nairobi, avec la désignation d’un panel de cinq facilitateurs pour piloter une feuille de route commune. Elle est axée sur le dialogue politique, la prévention de l’escalade militaire et la mise en place d’un mécanisme de vérification du cessez-le-feu.
Pendant ce temps à Kinshasa, les consultations initiées par le Conseiller spécial du Président Tshisekedi en matière de sécurité pour former un gouvernement d’union nationale, censé répondre à la crise actuelle, se heurtent à la défiance des principaux leaders de l’opposition, qui privilégient une médiation menée initiée par le tandem Cenco-ECC.
Ephraïm Kafuti

