Au lendemain d’un vote à l’Assemblée nationale, le Sénat kényan entame le processus de l’examen de la destitution de Rigathi Gachagua, vice-président tombé en disgrâce.
Va-t-il être déchu ? L’affaire fait la une des médias au Kenya, où le vice-président est accusé de « détournements de fonds publics, d’abus de pouvoir, d’atteinte à l’unité nationale et d’insubordination envers le président ». Les détracteurs de Rigathi Gachagua lui reprochent de n’avoir pas soutenu le chef de l’Etat face aux manifestations qui ont secoué le Kenya entre juin et juillet.
Mais, Rigathi Gachagua ne rompt pas. Il a promis de se battre « jusqu’au bout » contre cette procédure. Pour lui, il s’agit d’une pure propagande et d’un complot visant à le chasser du pouvoir avec l’approbation du président William Ruto, qui s’est rapproché du Mouvement démocratique orange (ODM), parti de l’opposant historique Railla Odinga.
Depuis quelques temps, le président Ruto et son colistier lors de la dernière présidentielle sont en froid. Leurs relations se sont dégradées. William Ruto reste silencieux sur ce sujet.
Mardi dans la soirée, 282 députés sur les 349 ont voté pour sa destitution. Ce qui est un pas vers l’éviction de Rigathi Gachagua. Désormais, tout va se jouer au Sénat qui doit se prononcer dans un délai maximum de dix jours.
Au Kenya, cette procédure est inédite. En cas d’adoption, il serait le premier vice-président écarté du pouvoir par une destitution, instaurée dans la Constitution de 2021. Même s’il pourrait contester la décision en justice.
Mais cette affaire marque le point culminant de plusieurs mois de conflit entre le président William Ruto et son adjoint, au pouvoir depuis leur victoire à la dernière présidentielle.
La Rédaction

