Du Sénégalais Macky Sall, président en exercice de l’Union africaine, au Congolais Félix Tshisekedi et au Camerounais Paul Biya, des dirigeants africains réclament la refonte des Nations unies et l’octroi d’un siège permanent à l’Afrique.
A la tribune de la 77e Assemblée Générale de l’ONU, Macky Sall, président en exercice de l’UA, a même plaidé pour l’octroi d’un siège à l’organisation panafricaine au sein du G20. Selon le Sénégalais, il s’agit d’un moyen de permettre au continent africain « d’être représenté où se prennent des décisions qui engagent des centaines de millions d’Africains ».
« Cette demande est une façon pour l’Afrique de plaider pour la prise en compte des mutations dans un monde, aujourd’hui, différent de ce qu’il était lors de la création de l’ONU », pense le professeur Martin Ziakwau Lembisa, docteur en Relations internationales, à Sahutiafrica.
Mais il insiste « qu’il faut une grande diplomatie pour persuader les autres de votre influence, comme l’avait fait le général de Gaulle avec la France qui n’était pas membre permanent au départ ».
Il rappelle que « cette demande est faite depuis la création de l’Union africaine ». D’après lui, l’Afrique a changé de cap pour s’inscrire dans les dynamiques du monde actuel. « Ce qui est normal pour les pays africains de prétendre à un siège de membre permanent de l’ONU », dit M. Ziakwau.
Le chercheur précise tout de même que le siège de « membre permanent n’est pas accordé à un continent, mais à un Etat ». « Et si on octroie un siège à un Etat africain, celui-ci n’ira pas y siéger pour le compte de l’Afrique. La France ne siège pas au conseil de sécurité comme représentant de l’Europe, encore moins tous les autres représentants », explique-t-il.
Vouloir d’avoir un siège de membre permanent, c’est bien. Mais il faut remplir toutes les conditions, selon Martin Ziakwau. Lesquelles ? « Un membre permanent doit faire montre des capacités avérées d’intervenir, en tout temps, où il y a un problème de menace, de rupture de la paix, ou d’acte d’agression dans le monde. Est-ce qu’en Afrique il y a un État qui remplit ces critères ? », se questionne le chercheur.
Pour lui, le match pourrait se jouer entre l’Égypte première puissance militaire en Afrique, et l’Afrique du sud au regard de son influence sur le continent. « L’erreur dans la démarche est que nous y allons ensemble. Le siège est octroyé à un Etat pas à un continent et l’État n’est pas le représentant d’un continent, donc il faudrait garder ça à l’esprit », dit le professeur Martin Ziakwau.
L’élargissement du conseil de sécurité de l’ONU composé de quinze membres, dont cinq permanents avec droit de veto, et dix non permanents élus pour deux ans, était l’une des réformes de l’ONU proposées par le ghanéen Kofi Annan durant son mandat de secrétaire général entre 1997 et 2006.
Dinho Kazadi

