Vendredi 06 mai, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a refusé tout dialogue formel, conditionné et inefficient qui vise à marginaliser les forces politiques et sociales dans le pays. Et exige des éclaircissements de la part du gouvernement concernant le retard pour appeler à la tenue du dialogue national.
« L’UGTT a renouvelé son appel à la tenue d’un dialogue réel, direct et large sans décision préparées au préalable. Elle relève l’importance de se mettre d’accord sur ses objectifs, son cadre et ses partenaires. Mais aussi ses formes et l’agenda de ses travaux. Et ce, avant publication de tout décret », a noté le communiqué.
Le syndicat tunisien refuse toute aventure visant à l’unité du pays. Et ce, à travers la création d’entités parallèles qui approfondissent la crise et incitent à l’affrontement et à la division.
Lundi 02 mai, le président Kais Saied a annoncé l’instauration d’un dialogue national concernant la crise politico-économique qui secoue le pays. Il a déclaré que les discussions sur les réformes vont inclure quatre grandes organisations tunisiennes : l’UGTT, le syndicat des avocats du pays, la Fédération de l’industrie et du commerce et la Ligue tunisienne des droits de l’homme et qu’il a exclu les partis d’opposition, qu’il a qualifiés de « traîtres ».
Après des mois de blocage politique, M. Saied, élu fin 2019, s’est octroyé les pleins pouvoirs le 25 juillet en limogeant le Premier ministre et a suspendu le Parlement dominé par le parti d’inspiration islamiste Ennahdha, avant de le dissoudre en mars.
En février dernier, le président Saied a dissous le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour le remplacer par un organe de supervision judiciaire temporaire, dont il a nommé les membres.
M.Saied est accusé de vouloir mettre en place une instance électorale docile avant un référendum prévu en juillet sur des réformes constitutionnelles qu’il appelle de ses vœux et des élections législatives en décembre.
La Rédaction

