Jeudi 8 mai, les États-Unis d’Amérique ont annoncé la suppression d’une aide médicale annuelle de 50 millions Usd à la Zambie, suite au détournement et de revente illégale de médicaments financés par Washington.
Michael Gonzales, ambassadeur américain à Lusaka dénonce le manque de réaction des autorités zambiennes face à ce phénomène. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, Washington affirme que la suspension de l’aide entrera en vigueur en janvier 2026.
« Les États-Unis ne peuvent plus justifier auprès des contribuables américains la poursuite d’un niveau d’aide aussi important alors même que le gouvernement zambien refuse de prendre les mesures nécessaires pour garantir cette aide», a expliqué le diplomate américain dans un communiqué.
Washington affirme avoir découvert ces fraudes dès 2021, lors d’inspections dans plus de 2 000 pharmacies à travers le pays. Des médicaments volés au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ainsi qu’à d’autres donateurs, ont également été retrouvés.
En réponse, le gouvernement zambien déclare avoir pris acte des préoccupations exprimées par l’ambassadeur et souhaite réaffirmer son engagement à résoudre ce problème regrettable.
Un communiqué officiel précise qu’un certain nombre de fonctionnaires, ont été suspendus ou démis de leur fonction. Lusaka indique également à remercier Washington pour son soutien généreux, qui a considérablement renforcé les services de santé de la Zambie, en particulier dans la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme.
En fait, la Zambie, criblée de dettes, dépend fortement de l’aide étrangère pour offrir des services de santé à ses 21 millions d’habitants. Selon les estimations, environ un tiers des dépenses de santé publique du pays est financé par les États-Unis, notamment pour l’achat de médicaments contre le VIH, le paludisme et la tuberculose.
Cette décision constitue un coup dur pour le gouvernement du président Hakainde Hichilema, élu en 2021 sur la promesse d’éradiquer la corruption et d’attirer les investissements étrangers. Si le début de son mandat a été marqué par des arrestations très médiatisées, le rythme de ces opérations semble s’être ralenti.
Ephraïm Kafuti

