Après trois jours d’attaques sur Port-Soudan, devenu siège des institutions, Khartoum veut rompre ses relations avec les Emirats arabes unis, les accusant de soutenir les Forces paramilitaires de soutien rapide (FSR) du général Hemedti.
Le Conseil de défense du Soudan accuse les Émirats arabes unis d’avoir fourni aux RSF des armes avancées et stratégiques qui lui ont permis de mener des frappes dévastatrices sur des installations de la ville de Port-Soudan depuis dimanche. Le Conseil indique avoir décidé de déclarer les Émirats arabes unis « État agresseur ».
Il affirme qu’il se réserve le droit de répondre à l’agression par tous les moyens pour préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays. Dans un discours télévisé depuis Port-Soudan, qui a suivi l’annonce du conseil de défense, le chef de l’armée soudanaise, Abdul Fattah al-Burhan, déclare que l’armée « va vaincre la milice et ceux qui la soutiennent ».
En fait, le Soudan a plaidé le mois dernier devant la Cour suprême de l’ONU que les Émirats arabes unis violaient la Convention sur le génocide en soutenant les forces paramilitaires au Darfour.
Mais les Émirats arabes unis ont déclaré que l’affaire devait être rejetée. Pourtant, la Cour internationale de justice a, lundi, déclaré qu’elle ne peut pas se prononcer sur l’affaire du Soudan qui a accusé Abou Dhabi d’avoir alimenté le génocide dans le Darfour, en fournissant des armes aux FSR.
Toutefois, les Émirats nient ces accusations, même si certains experts des Nations unies et parlementaires américains la jugent crédible. Ils citent des preuves contenues dans des rapports d’organisations de défense des droits humains sur la fourniture d’armes.
Si la guerre a fait des dizaines de milliers de morts, déraciné 13 millions d’habitants et provoqué « la pire catastrophe humanitaire » au monde, le conflit a divisé le pays en deux. Pour l’heure, l’armée contrôle à présent le centre, l’est et le nord du Soudan, alors que les paramilitaires tiennent à l’ouest la quasi-totalité de la vaste région du Darfour et certaines parties du sud.
Mardi, l’aéroport, une station électrique importante et une base militaire ont été bombardés dans une nouvelle attaque de drones menée par les paramilitaires sur Port-Soudan, siège des institutions, dans l’est du Soudan.
Josaphat Mayi

