Ramadan Boujenah, ministre de la Santé, et plusieurs hauts fonctionnaires de son ministère ont été arrêtés dans le cadre d’une affaire d’importation frauduleuse de médicaments contre le cancer en provenance d’Irak mercredi 7 mai.
Cette information a été confirmée par le bureau du procureur général. Ces arrestations font suite à une enquête révélant des « violations des réglementations concernant l’achat de ce type de médicaments » et un « mépris des règles réglementant la gestion des contrats et leurs exigences techniques, financières et juridiques ».
Les enquêteurs reprochent aux responsables d’avoir favorisé l’importation de traitements anticancéreux auprès d’une usine pharmaceutique irakienne, en contournant les procédures légales. Outre le ministre Boujenah, quatre autres responsables du ministère de la Santé ont été placés en détention.
Il s’agit notamment du directeur du département de la pharmacie, du président de la commission des marchés publics, du responsable de la commission centrale des marchés et d’un délégué d’une entreprise d’importation de produits pharmaceutiques.
Ce scandale a provoqué une vive indignation en Libye, où l’accès aux traitements contre le cancer est déjà extrêmement difficile. Les médicaments, subventionnés par l’État, sont rares et inaccessibles pour la plupart des citoyens, tandis que ceux disponibles dans les pharmacies privées affichent des prix exorbitants.
Abdelhamid Dbeibah, Premier ministre, avait déjà suspendu Ramadan Boujenah début mai, après la découverte des irrégularités. Il avait confié la direction du ministère à Mohamad Al-Ghoj. Le gouvernement avait également précisé que l’importation de médicaments contre le cancer relevait « exclusivement » de l’Autorité nationale de lutte contre le cancer, une entité rattachée au Premier ministre.
Ce n’est pas la première fois que le gouvernement de Tripoli est touché par des affaires de corruption. M. Boujenah avait lui-même succédé à Ali Zenati, limogé en janvier 2022 pour des faits similaires.
Récemment, le ministre de l’Éducation a été condamné à trois ans de prison pour une affaire de pénurie de manuels scolaires subventionnés, et le ministre de la Culture a été suspendu en décembre 2021 pour des soupçons de corruption et de détournement de fonds publics.
Ephraïm Kafuti

