Apollinaire Kyelem de Tambèla, Premier ministre burkinabé, a demandé à la France des armes et des munitions pour les supplétifs de l’armée, qui l’aident dans sa lutte contre les djihadistes. C’est ce qu’a annoncé son bureau dans un communiqué publié mercredi 30 novembre.
Selon M. Kiélem, c’est la raison pour laquelle la France doit aider le Burkina Faso à avoir le matériel nécessaire pour venir à bout du terrorisme. « Les efforts des partenaires doivent se focaliser sur les aspirations profondes du peuple burkinabè, un peuple engagé à se défendre pour la liberté, contre la barbarie et le terrorisme », a-t-il déclaré.
Récemment, le gouvernement a lancé l’opération de recrutement de 50.000 Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) appelés supplétifs de l’armée.
« La France pourrait aider cette résistance populaire en fournissant des armes et des munitions. Mais également en prenant en compte la prise en charge financière des braves combattants », a souligné le chef du gouvernement.
Il affirme également que cela fait six ans que le Burkina Faso est acculé et ça n’émeut personne. « La France a fait montre d’une sollicitude différente quand il s’est agi de venir en aide à l’Ukraine dans le récent conflit qui l’oppose à la Russie », a-t-il ajouté.
Cette demande d’aide aux VDP est faite de manière répétée, que ce soit par lui (le Premier ministre) ou par d’autres autorités et c’est une doléance qui reste sur la table, selon une source diplomatique française.
« Mais la question qui se pose pour nous c’est : si vous avez besoin d’aide dans la lutte contre le terrorisme, pourquoi ne faites-vous pas appel aux forces spéciales (françaises) qui sont basées à Kamboinsin (près de Ouagadougou) et qui sont disponibles pour intervenir? La seule condition de l’intervention c’est que vous nous sollicitiez », a-t-elle ajouté.
Les VDP paient un lourd tribut dans les attaques djihadistes de groupes liés à Al-Qaida et l’Etat islamique qui frappent régulièrement le Burkina Faso, notamment le nord et l’est.
Depuis 2015, des civils et militaires burkinabé sont régulièrement endeuillés par des attaques djihadistes de plus en plus fréquentes, notamment dans le nord et l’est, ayant fait des milliers de morts et contraint quelque deux millions de personnes à fuir leurs foyers.
Mervedie Mikanu

