À Madagascar, les sénateurs ont destitué jeudi 12 octobre leur président Herimanana Razafimahefa. La raison invoquée ? Une supposée « déficience mentale » de ce dernier.
Les choses sont allées très vite pour Herimanana Razafimahefa, président du sénat malgache censé exercer le pouvoir par intérim jusqu’à l’élection présidentielle. En début de semaine, M. Razafimahefa a révélé avoir reçu des menaces de mort venant du camp du président sortant pour le pousser à renoncer à l’exercice de sa fonction de président intérimaire.
Une fois cette révélation faite, les sénateurs, pour la plupart membres du parti du chef de l’État sortant Andry Rajoelina, ont mis en cause une déficience mentale supposée dont souffrirait le président du sénat. Et jeudi, sur convocation du premier ministre, Christian Ntsay, les sénateurs ont voté pour sa destitution.
Pourtant, l’examen réalisé dans la matinée du même jeudi par le service de neuropsychiatrie de l’hôpital de Befelatanana a conclu à la bonne santé du sénateur.
M. Razafimahefa est « en bonne santé physique. Ses fonctions intellectuelles sont intègres, sans démence, ni altération de la fonction cognitive. En outre, sa fonction psychique ne présente aucune aliénation. Il est alors apte à exécuter et à assumer ses activités professionnelles », affirme le compte rendu médical.
Le processus de la convocation du Sénat en session spéciale et de manière précipitée alors que la session ordinaire devait s’ouvrir mardi 17 octobre pose un problème. Une trentaine de députés a saisi la Haute cour constitutionnelle pour examiner la constitutionnalité de cette démarche.
Selon la Constitution malgache, lorsque l’Assemblée nationale ne siège pas, le gouvernement peut convoquer les sénateurs en session spéciale, mais « uniquement pour avis. Dans l’opposition, on qualifie la destitution du président du sénat de « violation flagrante du droit ». De coup d’Etat institutionnel.
Dinho Kazadi

