Mercredi 31 août, Marc Ravalomanana, ancien président malgache et chef de fil de l’opposition malgache, a accusé le gouvernement de terrorisme d’Etat après les évènements d’Ikongo, où dix-neuf personnes ont été tuées par des gendarmes.
« Je parle de terrorisme d’Etat, car ce sont les gendarmes et les forces de l’ordre qui ont tiré sur la population. Ils doivent protéger les gens et pas leur tirer dessus. Je suis très choqué », a déclaré Marc Ravalomanana.
La réaction des autorités n’a pas tardé. Pour Lalatiana Rakotondrazafy, porte-parole du gouvernement, c’est de la pure provocation de parler du terrorisme d’Etat lorsqu’on ne connaît pas les circonstances précises du drame. « Ce qui est inadmissible venant d’un ancien chef de l’État », indique-t-elle.
Elle déplore aussi ces incidents. « Nous ne pouvons pas nous faire justice nous-mêmes et les gens doivent respecter la loi. Chacun doit prendre ses responsabilités pour que ce genre de drame ne se reproduise pas », dit Lalatiana Rakotondrazafy.
Lundi dernier, près d’une vingtaine de personnes ont succombé lors d’un rassemblement. Elles protestaient contre la disparition d’un enfant albinos. Selon plusieurs témoignages, les gendarmes ont tiré sur la foule après qu’un groupe de manifestants a voulu pénétrer dans leur caserne, à Ikongo, une ville du sud-est de l’île.
La foule voulait se faire justice en mettant la main sur quatre personnes détenues par les gendarmes et suspectées dans la disparition de l’enfant. Face au tollé provoqué par l’affaire, après l’annonce bilan faisant état de dix-neuf morts et vingt-et-un blessés, les gendarmes ont invoqué la légitime défense.
Dinho Kazadi

