Alors que les élections pour un retour à l’ordre constitutionnel se fait attendre au Mali, le Conseil des ministres a adopté un projet de loi permettant au général Assimi Goïta, chef de la junte, d’exercer un mandat présidentiel de cinq ans renouvelables, sans passer par des élections.
Selon un communiqué du Conseil des ministres, cela devra être en application à partir de 2025. Mais ce texte doit être examiné par le Conseil national de transition (CNT), organe législatif mis en place par la junte à la suite des coups d’Etat de 2020 et 2021.
Ce projet de loi fait suite à une « concertation nationale » organisée par la junte plus tôt cette année. Bien que boycottée par une grande partie des formations politiques du pays, cette concertation avait recommandé d’attribuer à M. Goïta un mandat présidentiel de cinq ans renouvelables, sans vote, et de « suspendre toutes les questions électorales jusqu’à la pacification du pays ». La même assemblée avait également recommandé la dissolution des partis politiques, une mesure déjà mise en œuvre.
La situation intervient dans un contexte de crise sécuritaire persistante au Mali, marqué par la présence de groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’Etat Islamique (EI), ainsi que par des violences de groupes communautaires.
D’après de sources sécuritaires et d’un élu local, des positions militaires maliennes ont été visées par des attaques au cours des dix derniers jours, dont l’une a fait au moins 30 morts au camp de Boulkessi, dans le centre du Mali.
Ephraïm Kafuti

