Au Mali, plusieurs formations politiques se sont indignées de la décision de la junte de reporter l’élection présidentielle, censée ramener les civils au pouvoir, à une date ultérieure.
Mercredi 27 septembre. Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), qui avait mené la fronde en 2020 contre le président civil Ibrahim Boubacar Keïta, avant son renversement par les militaires, a dans un communiqué, dénoncé une décision « unilatérale ».
Pour le Mouvement, la junte se doit impérieusement de respecter ses engagements.
Mis à part le M5, d’autres partis se sont levés depuis lundi contre ce report. C’est le cas de la Ligue démocratique du changement qui, tout en faisant part de sa grosse déception, « désapprouve et condamne sans équivoque cette tentative de prise en otage de la démocratie malienne ».
Le parti Yelema s’est, lui, indigné de ce report du fait « qu’il n’a fait l’objet d’aucune discussion ». Pour ce parti, le report traduit « le manque d’anticipation, l’incompétence des autorités. Mais également leur refus d’honorer leurs engagements ».
« L’organisation d’élections est une question de volonté politique et certaines des raisons techniques évoquées pour justifier ce report pouvaient être évitées », a commenté le Parena. Il appelle le gouvernement à éviter « les méthodes solitaires et unilatérales ».
Lundi, la junte au pouvoir a annoncé lundi un report léger de la présidentielle au Mali, initialement prévue en février 2024. Les autorités ont invoqué des facteurs techniques, comme raison principale. Sans toutefois faire référence à la reprise des hostilités avec des groupes armés dans le nord. Plusieurs observateurs s’inquiètent du fait qu’aucune nouvelle date n’a été mentionnée.
Dinho Kazadi

