Alors que la junte a dénoncé un accord de coopération militaire avec Washington, les Etats-Unis tentent de négocier avec les autorités nigériennes.
Pour l’heure, Washington n’entend pas rompre les discussions. Et surtout, face à la Russie qui gagne du terrain. Selon la télévision nigérienne, une délégation américaine de haut niveau est attendue à Niamey, la capitale, la semaine prochaine.
Pour Ali Mahamane Lamine Zeine, Premier ministre de la Transition, il sera question de faire le point de la coopération entre le Niger et les Etats-Unis, mais aussi de faire des propositions concrètes à la partie nigérienne pour mieux envisager l’avenir. Une façon de dicter le tempo. Il insiste sur la souveraineté du Niger de demander le départ de toutes mes forces étrangères, américaines.
« Le renforcement des relations diplomatiques et économiques, commerciales et technologiques a notamment été abordé », a dit le Premier ministre nigérien, qui séjourne à Washington depuis mardi, où il a rencontré des responsables du Département d’Etat.
Arrivé au pouvoir à la faveur d’un putsch, le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte, a tourné le dos à la France. Elle fait aussi la sourde oreille face à la pression des Occidentaux. Depuis, les autorités nigériennes semblent se rapprocher la Russie, en nouant notamment une coopération dans le domaine militaire.
En mars, le Niger a dénoncé l’accord de coopération militaire signé en 2012 avec les Etats-Unis, estimant que celui-ci avait été « imposé unilatéralement » par Washington. Les 1.000 soldats américains présents au Niger sont engagés dans la lutte antidjihadiste au Sahel et disposent d’une importante base de drones à Agadez (nord).
Samedi dernier, des milliers de personnes ont manifesté samedi à Niamey pour exiger leur départ sans délai. Voisin du Mali et du Burkina Faso, le Niger fait face à la menace djihadiste depuis 2017.
Les trois Etats, dirigés par des militaires, ont créé une Alliance du Sahel pour lutter contre l’insécurité dans cette région, où des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique (EI) ont fait des milliers de victimes.
La Rédaction

