En Ouganda, Human Rights watch (HRW) demande au gouvernement de fermer les centres de détention illégaux utilisés par les services de sécurité. C’est une annonce faite dans un rapport publié mardi 22 mars. Cette organisation accuse le régime du président Yoweri Museveni de réprimer l’opposition.
Dans ce rapport, HRW exige la libération de toutes les personnes détenues ou encore de leur traduction sans délai devant un tribunal pour qu’elles soient inculpées d’une infraction reconnue par la loi.
Selon la même source, les victimes interrogées membres de l’opposition, sympathisants ou simples manifestants racontent leur arrestation à leur domicile, au travail ou dans la rue, embarqués dans des fourgons sans plaque d’immatriculations surnommées les drones.
Elles affirment avoir été détenues arbitrairement dans des lieux secrets supervisés par l’ISO, dont un site baptisé Base One en périphérie de la capitale Kampala et un autre sur une île du lac Victoria, indique-t-elle. Les victimes disent avoir été tabassées et torturées, notamment selon une technique baptisée Rambo consistant à suspendre les détenus au plafond durant une douzaine d’heures avec des chaînes autour du cou, de la taille et des genoux.
Certaines affirment avoir eu des ongles arrachés, été brûlées au fer à repasser, avoir subi décharges électriques, injections de substances inconnues ou violences sexuelles, ou encore avoir vu des détenus avec des briques accrochées aux testicules, renseigne le rapport de HRW cité par l’AFP.
Dans un rapport de février 2020, le comité des droits de l’homme du Parlement ougandais avait signalé des cas de détention illégale et torture dans des centres non officiels. Ses demandes d’investigation sont restées lettre morte, selon HRW.
Cette Ong dit avoir recueilli les témoignages de cinquante et une personnes, dont trente-quatre anciens détenus et témoins d’enlèvement, qui ont décrit les abus dont ils ont été victimes entre les mains de la police, de l’armée et des services de renseignements (ISO) entre avril 2019 et novembre 2021. Oryem Nyeko, chercheur sur l’Ouganda au sein de l’Ong, appelle les autorités à mener des réformes à la police et les autres agences de sécurité.
Ces dernières années ont été marquées en Ouganda par une répression contre des journalistes et des incarcérations d’avocats. Mais aussi le musellement de dirigeants de l’opposition. En 2011, de nombreux militants des droits de l’homme ont été poursuivis au nom de la Loi l’utilisation abusive des ordinateurs.
Mervedie Mikanu

