Au Kenya, Boniface Mwangi, militant kényan des droits humains et critique virulent du président Ruto, a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2027.
« Notre pays est brisé et en danger de devenir un État failli », a déclaré Mwangi devant plusieurs centaines de partisans réunis près du palais présidentiel à Nairobi.
Âgé de 42 ans, l’ancien photojournaliste a accusé le pouvoir en place d’incarner une élite politique corrompue. Il a rappelé les accusations de crimes contre l’humanité, qui avaient visé William Ruto après les violences post-électorales de 2007-2008, avant leur abandon par la Cour pénale internationale (CPI) en 2016.
L’annonce de sa candidature survient dans un contexte marqué par une contestation sociale récurrente, menée principalement par la jeunesse. En juin et juillet derniers, la répression des rassemblements contre la politique du gouvernement avait déjà coûté la vie à des dizaines de personnes, un bilan comparable à celui enregistré l’année précédente.
Boniface Mwangi, figure populaire et plusieurs fois arrêté pour son activisme, veut désormais transformer la rue en urnes. « Nous nous organisons pour déclencher une révolution électorale », a-t-il lancé à ses partisans, qui brandissaient des drapeaux kényans et portaient des t-shirts à son effigie.
Son slogan, « Upendo na ujasiri » (« amour et courage »), a rythmé le rassemblement. L’entrée en lice de M. Mwangi coïncide avec le 15ᵉ anniversaire de la Constitution kényane, adoptée en 2010, symbole d’une démocratie souvent citée en exemple dans une région instable.
L’annonce de sa candidature intervient quelques semaines après la violente répression de manifestations antigouvernementales qui ont fait au moins 65 morts, selon la police des polices.
Ephraïm Kafuti

