Au Nigeria, Bola Tinubu, 70 ans, nouveau président élu, tend la main à ses rivaux et les appellent à travailler ensemble, alors que l’opposition conteste les résultats de la présidentielle et dénonce des fraudes.
Tinubu, plusieurs fois accusé de corruption sans jamais être condamné, affirme que son élection est une confirmation de l’existence démocratique du Nigeria. « J’appelle mes concurrents à faire équipe ensemble. C’est la seule nation que nous ayons », a lancé celui qu’on a surnommé le « parrain » ou le « faiseur de roi ».
Pourtant, l’opposition l’accuse de fraudes massives et demande que l’élection soit annulée. La commission électorale, elle, a balayé des « accusations qu’elle qualifie d’infondées et irresponsables ». Ce jeudi, Peter Obi, candidat du Parti travailliste (LP) arrivé troisième à la présidentielle, va saisir la justice pour contester les résultats.
En fait, Bola Ahmed Tinubu a remporté le scrutin avec plus de 8,8 millions de voix, soit 36% des suffrages. Pour Peter Obi, cette élection restera comme l’une des plus controversées jamais organisée au Nigeria. « Nous allons explorer toutes les options légales et pacifiques pour récupérer notre mandat. Nous avons gagné l’élection et nous le prouverons aux Nigérians », a déclaré le candidat du Parti travailliste, 61 ans.
Candidat du Congrès des progressistes (APC), parti au pouvoir, l’ancien gouverneur de Lagos va succéder à Muhammadu Buhari, 80 ans, critiqué pour son bilan déplorable et ses deux mandants marqués par l’explosion de la pauvreté et de l’insécurité.
Le samedi dernier, plus de 87 millions d’électeurs ont été appelés aux urnes. Ce vote, dont la participation n’est pas encore connue, s’est globalement déroulé dans le calme. Mais de nombreux observateurs ont critiqué des retards dans le décompte et d’importantes défaillances dans le transfert électronique des résultats.
Mervedie Mikanu

