Après deux semaines d’absence inexpliquée, le gouverneur du Haut-Katanga Jacques Kyabula Katwe, est réapparu en RDC jeudi 24 juillet.
Aperçu en chemise pagne à l’effigie du président Félix Tshisekedi devant sa résidence du quartier Golf, à Lubumbashi, l’homme fort de la province cuprifère s’est contenté d’un salut discret à la foule réunie devant sa maison, sans faire de déclaration.
Cette réapparition inattendue intervient alors que les autorités nationales, y compris le Vice-Premier Ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, affirmaient encore récemment « poursuivre les recherches », redoutant que certaines rumeurs alarmantes diffusées sur les réseaux sociaux ne se confirment.
Depuis le 10 juillet, Jacques Kyabula était introuvable. Il n’avait pas répondu à la convocation du ministère de l’Intérieur qui lui demandait de se présenter à Kinshasa dans les 48 heures. Des proches évoquaient des « raisons sanitaires », sans fournir de preuves médicales. En son absence, un intérim avait été confié le 16 juillet au Vice-gouverneur Martin Kazembe, tandis que la DGM lançait une enquête pour localiser l’homme disparu.
Entre-temps, les spéculations se sont multipliées, notamment sur un supposé rapprochement de Kyabula avec l’ancien président Joseph Kabila, accusé par certains d’entretenir des liens avec la rébellion de l’AFC/M23. Une thèse alimentée par les propos ambigus du gouverneur lors de son meeting du 1er juillet à Lubumbashi, où il déclarait : « Le vrai ennemi de la RDC, c’est le Rwanda, pas les fils du pays comme Joseph Kabila ou Corneille Nangaa ».
Ces propos ont été perçus comme un affront dans les rangs du pouvoir. Pour calmer la tempête, Kyabula avait organisé un second meeting à Likasi, le 7 juillet, dans lequel il tentait de réaffirmer son soutien à la diplomatie du Président Tshisekedi et de corriger ce qu’il qualifiait de « mauvaise interprétation » de ses paroles.
Malgré ce rétropédalage, le gouvernement central avait durci le ton, exigeant sa présence à Kinshasa. Son refus de s’y rendre a renforcé le climat de suspicion, jusqu’à son brusque effacement de la scène publique, alimentant des rumeurs allant de l’arrestation déguisée à une fuite stratégique.
Ephraïm Kafuti

