Le décès de Moïse Kabangambe, 24 ans, battu à mort dans un kiosque de Barra da Tijuca à Rio de Janeiro au Brésil le 24 janvier, suscite colère et indignation à Kinshasa, capitale congolaise. Selon la famille de la victime, ce passage à tabac était intervenu après que Moïse Kabagembe, a insisté auprès de son manager pour obtenir son salaire en retard. Le Congolais est arrivé avec une partie de sa famille au Brésil en 2011, fuyant le conflit armé dans son pays.
« L’État ne nous protège absolument pas parce que ceci n’est pas le premier cas enregistré. Il y a encore plusieurs d’autres, qui sont tués dans d’autres pays et même par nos pays voisins. Notre politique diplomatique est faible de sorte qu’on n’arrive pas à faire face à eux », se désole Jephté Matondo, journaliste basé à Kinshasa.
Andréa Nzuzi, étudiante en droit à l’Université de Kinshasa (Unikin), confie être indignée par le meurtre de Moïse Kabangambe. « Je suis révoltée, en constatant que jusqu’à ce jour nous toujours pas la liberté de réclamer nos droits surtout qu’il était un employé, qui avait plein droit à réclamer son salaire », dit-elle.
Indignés, les Congolais appellent le gouvernement à convoquer l’ambassadeur du Brésil accrédité en RDC. Certains veulent que justice soit faite. « Cette façon de donner la mort à un être humain suite à cette réclamation légale doit être poursuivi en justice. La justice congolaise doit ouvrir une enquête », déclare Emmanuel Belemo.
« Nous espérons que la justice sera rendue et cela sans discrimination. Mais aussi qu’avec le temps, il faudra qu’on élabore des lois qui protégent les employés dans les pays étrangers », conclut Andréa Nzuzi.
Selon une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le patron du bar en bord de mer du quartier chic de Barra da Tijuca, ainsi que deux autres agresseurs se sont munis de matraques et d’une batte de baseball pour battre Moïse. Puis lui ont lié les mains et les pieds. L’un d’entre eux s’est assis sur sa tête pendant plusieurs minutes, et se rendant compte que la victime ne se débattait plus, s’est déplacé pour essayer de le réanimer en vain.
Ravannely Ntumba

