« Est-il logique d’imposer une telle contrainte à un État en guerre que l’on prétend soutenir sans l’affaiblir et lui priver des instruments de sa sécurité et de sa stabilité ? », s’est interrogé Christophe Lutundula, ministre congolais des Affaires étrangères, ce mercredi 31 août, lors de la réunion virtuelle du conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Il sollicite le soutien de l’Afrique pour la levée de l’embargo « injuste » d’achats d’armes et munitions auquel est confronté son pays.
En juillet dernier 2022, le Conseil de sécurité des Nations unies a prolongé l’embargo sur les armes à destination de la République démocratique du Congo jusqu’au 1er juillet 2023. Cette décision était prise alors que la situation sécuritaire dans l’est du pays se détériore, à cause principalement des combats opposant l’armée aux rebelles du M23.
« A ce jour, ni les forces rwandaises, (que Kinshasa estime comme allié du mouvement rebelle M23) ni les terroristes du M23 ne se sont retirées de la province du Nord-Kivu », regrette M. Lutundula.
« Ces terroristes mènent fréquemment des incursions militaires pour conquérir d’autres espaces territoriaux en RDC, provoquant ainsi des tragédies humaines notamment par des tueries, des déplacements forcés massifs des populations, les viols des femmes et autres violations graves des droits de l’Homme »,ajoute-t-il.
D’après le chef de la diplomatie congolaise, il serait « incompréhensible et inadmissible, voire scandaleux que les Nations unies et l’Union Africaine gardent le silence à ce sujet. « Qu’elles soient indifférentes à la violation aussi grave des règles fondamentales qui président aux relations entre les États et consignées dans leurs actes fondateurs, à savoir le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États et la non-ingérence dans leurs affaires intérieures », souligne-t-il.
Kinshasa et Kigali s’accusent mutuellement de soutien aux groupes rebelles. Selon la RDC, le M23 est un mouvement terroriste soutenu par le Rwanda. Des accusations que le Rwanda rejette. Et accuse l’armée congolaise de coaliser avec les rebelles FDLR, accusés de génocide.
Début juillet, les deux pays ont décidé d’une désescalade avec la mise en place d’une feuille de route sous la méditation de l’Angola. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre. Les combats se poursuivent entre l’armée congolaise et les rebelles du M23, qui occupent toujours Bunagana.
Joe Kashama

