En RDC, le cardinal Ambongo a, lors de la messe pascale, déploré l’insouciance des autorités sur fond d’actes qui sapent l’unité nationale face à la rébellion du M23.
Pour l’archevêque de Kinshasa, lorsqu’un pays se sait en guerre, la première chose à faire est de s’asseoir autour d’une table pour former un front commun. « Or, aujourd’hui, il n’y a pas de front commun », a-t-il déploré.
Devant les fidèles catholiques, le Cardinal Ambongo a tenu un discours très politique, mais surtout critique à l’encontre de la classe politique congolaise. « Ça fait trois mois que notre pays est pratiquement paralysé pour la simple raison que toute la classe politique s’est invitée autour du grand gâteau que l’on est en train de se disputer, pendant que le pays est en guerre, pendant que l’ennemi avance », a déclaré Fridolin Ambongo.
La semaine dernière, le ralliement de quelques cadres du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), ancien parti au pouvoir, à la rébellion de Corneille Nangaa a fait polémique. Si le député congolais Eliezer Ntambwe, membre du camp présidentiel, demande la suspension du PPRD, le parti de Joseph Kabila affirme ne pas être « concerné par ces adhésions de ses anciens membres » au sein de l’Alliance Fleuve Congo (AFC).
D’après le Cardinal Ambongo, il faut s’interroger après ces adhésions à la coalition politico-militaire de Corneille Nangaa, ancien président de la Céni devenu maquisard.
« Nous pouvons nous énerver contre ceux qui sont partis, nous pouvons les traiter de traîtres, ils ont pris la cause de l’ennemi, mais la question de fond est : pourquoi ces gens ont agi de cette manière ? C’est parce qu’au niveau d’ici, nous continuons à poser des gestes qui blessent les autres, nous continuons à poser des gestes qui fragilisent la communion nationale, nous posons des gestes qui excluent les autres de la jouissance du gâteau national », a indiqué Fridolin Ambongo.
La Rédaction

