Personne n’a montré pièce contre pièce que Vital Kamerhe, ancien directeur de cabinet du président Tshisekedi, a détourné de fonds alloués pour le programme de 100 jours, affirme Jean-Bedel Mande, cadre de l’Union pour la nation congolaise (UNC), parti de M. Kamerhe, à Sahutiafrica.
Il précise « qu’on ne peut parler du détournement d’un directeur de cabinet du chef de l’Etat, qui ne fait pas partie de la chaîne de dépenses ». Pour ce proche de Vital Kamerhe, le projet de maisons préfabriquées était confié à un entrepreneur privé. « Dès que vous signez avec un entrepreneur privé, les fonds décaissés deviennent la propriété privée de cet entrepreneur », explique M. Mande.
Ce mardi, la présidence congolaise a assuré que le programme controversé de 100 jours a été exécuté à 73%. Pourtant, certaines organisations de la société civile s’interrogent où seraient passés les 57 millions Usd allouées pour les maisons préfabriquées. D’après Jean-Bedel Mande, le procès 100 jours était une machination et loin de toute réalité.
«Toutes ces charges étaient du farfelu»
« C’était un procès cynique. Je crois que c’était une machination des ennemis du progrès, qui ne voulaient pas voir le chef de l’Etat avoir un bilan à présenter », lâche-t-il. Il accuse certaines organisations de la société civile, qui demandent la réouverture du procès 100 jours, d’être « manipulées par des politiques », qui cherchent à discréditer le leader de son parti. « Ces mouvements de la société civile doivent aussi respecter le jugement rendu par la Cour d’appel », souffle M. Mande.
« Avec ce que vient de publier la présidence de la République, aujourd’hui, il est clairement établi que le projet a été réalisé à 73%. On va dire qu’on est déjà au-delà. Il ne reste plus que 27% pour qu’il soit réalisé à 100%, sachant que cela est une vraie perfection. Difficile à atteindre. Comment réaliser un projet à 73% et qu’on parle d’un détournement ? », s’interroge le proche de M. Kamerhe. Il affirme que « toutes ces charges étaient du farfelu ». « Les charges de détournement n’avaient pas de sens », argue-t-il.
«Si on va vendre ces maisons aux enchères, c’est l’Etat qui va perdre»
L’affaire 100 jours fait déjà partie du passé. Après un procès. Une condamnation au premier et second degrés. Vital Kamerhe a été acquitté avec ses coaccusés pour absence des preuves le 23 juin dernier. Si M. Kamerhe a recouvré ses droits d’un homme libre, les cargaisons de maisons préfabriquées restent bloquées au port de Dar es Salam en Tanzanie. Les autorités tanzaniennes menacent de les vendre aux enchères. Ce qui alimente encore les débats autour de cette affaire qui a fait grand bruit à Kinshasa.
« Si on va vendre ces maisons aux enchères, c’est l’Etat qui va perdre. C’est en fait le gouvernement qui devrait prendre en charge les frais de douanes et le transport jusqu’au lieu où des maisons devraient être érigées. Jammal, qui a dit avoir reçu l’argent, a insisté qu’on le laisse finir le travail. Il n’était écouté par personne. On a gâché l’argent du contribuable pour mobiliser des chaînes de télévision parce qu’on voulait crucifier un innocent, Vital Kamerhe », souffle Jean-Bedel Mande.
Trésor Mutombo

