Légende de la musique congolaise, Koffi Olomide a fait son grand retour sur la scène européenne samedi 6 septembre devant 15.000 spectateurs à l’ING Aréna.
Visiblement, c’est le plus marquant évènement de la musique congolaise cette année. Il est exactement 21 heures à Bruxelles lorsque Kenaya Olomide, fille de l’artiste, s’improvise MC et appelle Koffi, son père, à venir sur scène. Un moment chargé d’émotion pour le patron du célèbre Quartier latin, qui n’avait plus livré de concert en Europe depuis plus d’une décennie.
Bien plus, c’est un moment chargé d’émotion pour le Grand Mopao, qui reste égal à lui-même. Costume blanc et un géant aux couleurs de Léopard, Koffi Olomide signe son retour au goût d’une reconquête d’un passé glorieux. Sous le regard de Kenaya, les yeux rêveurs de Cindy le cœur, les acclamations et les chants de ses fans bruxellois, ivres de retrouver cette icône de la rumba congolaise.
Dès les premières notes, la salle a explosé d’enthousiasme. Les spectateurs ont savouré ce rendez-vous musical longtemps attendu. La première partie a été assurée par Cindy Le Cœur, épouse et cheffe d’orchestre de l’artiste, qui a électrisé l’ambiance avec sa voix et ses chorégraphies.
Parmi les personnalités présentes, on notait la participation du bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close, ainsi que des artistes Fabregas, Gally Garvey et Soleil Wanga. Sur ses réseaux sociaux, Koffi a remercié ses fans et salué la ville hôte : « C’est fait, merci public et merci Bruxelles ».
Ce concert bruxellois constitue une revanche pour l’artiste, après une série d’annulations en Europe, dont son grand spectacle prévu en juillet dernier à Paris. Koffi accuse certains de ses « détracteurs » de chercher à saboter sa carrière. Déterminé à poursuivre sa tournée, il a d’ores et déjà annoncé un prochain concert le 13 décembre à Genève, en Suisse.
Koffi Olomidé reste une figure majeure de la musique africaine. En 1998, il fut le premier artiste du continent à remplir le Zénith et l’Olympia de Paris grâce au succès de son album Loi. Entre 1998 et 2002, lui et son orchestre Quartier Latin ont multiplié les mégaconcerts dans les plus grandes salles européennes.
Cependant, son parcours a été terni par des démêlés judiciaires. Poursuivi en France après la plainte de quatre ex-danseuses, il a été condamné en 2019 à deux ans de prison avec sursis. Finalement relaxé des faits d’atteintes sexuelles, il a toutefois été reconnu coupable de « séquestration », écopant de 18 mois de sursis probatoire en 2021. Malgré les polémiques, Koffi Olomidé conserve une aura particulière auprès de ses fans, qui continuent de remplir les salles à chacune de ses prestations.
Ephraïm Kafuti

