Après l’annulation du sommet tripartite de Luanda, où les chefs d’Etats congolais et rwandais devraient se rencontrer, le président Tshisekedi continue de camper sur sa position de ne pas négocier avec les rebelles du M23.
Devant les membres de l’Union sacrée, coalition au pouvoir, Félix Tshisekedi a un ton catégorique. Il affirme ne pas se plier au « dicta du régime prédateur qui ne vit que du sang des Congolais et des pillages de ressources de la RDC ».
« Nous restons intransigeants à ne pas négocier avec le M23 qui n’est autre que le Rwanda déguisé. Même s’ils parvenaient à conquérir l’ensemble du territoire national jusqu’à arriver à la porte de ma résidence qui est l’OUA », a déclaré le président Tshisekedi dimanche.
Pour l’heure, les pourparlers entre Kinshasa et Kigali sont au point-mort. Les deux partis peinent à trouver un consensus. Il y a deux semaines, un sommet qui devait réunir le président Tshisekedi et son homologue rwandais, Paul Kagame, a été reporté à la dernière minute. Un rendez-vous manqué qui pourrait plonger le processus de Luanda dans l’impasse, alors qu’il bat de l’aile.
Kigali avait conditionné sa participation à ce sommet par un dialogue direct entre Kinshasa et le M23. Mais les autorités restent opposées à cette idée. Lors de la réunion du Conseil des ministres vendredi 20 décembre, le président Tshisekedi est revenu sur la question.
« En proposant un tel préalable, le Rwanda a non seulement bloqué le processus en cours, mais également démontré une volonté manifeste de saboter les efforts de paix, au mépris de ses engagements internationaux et des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU », a rapporté le compte rendu du Conseil des ministres. Kinshasa appelle « la communauté internationale à tirer les conséquences de cet échec et à agir avec fermeté face à l’attitude du Rwanda qu’il accuse de violer les engagements pris ».
Linda Thomas-Greenfield, représentante des Etats-Unis auprès des Nations unies, a indiqué que Washington est profondément déçu que le président Paul Kagame ait refusé de participer. Pour elle, les parties sont appelées à respecter « leurs engagements dans le cadre du processus de Luanda, mais aussi à soutenir le Mécanisme de vérification ad hoc renforcé ». « Nous exhortons les dirigeants de la RDC et du Rwanda à se réunir dès que possible sous la direction inébranlable de l’Angola », a appelé Mme Thomas-Greenfield.
Pendant ce temps, les armes continuent de résonner sur le territoire de Lubero, dans l’est de la RDC, théâtre d’affrontements entre l’armée et les rebelles du M23. Dimanche, les forces gouvernementales ont repris le contrôle de Mambasa et tentent de reprendre la main à Alimbongo.
La Rédaction

