Au Sénégal, le climat politique est explosif, alors que les députés doivent examiner une proposition de loi sur le report de la présidentielle, annoncée par le président Macky Sall le week-end.
Ce texte vise à reporter le scrutin de six mois au maximum. Son approbation nécessite une majorité des trois cinquièmes des 165 députés. Mais, la tension monte au lendemain des heurts entre des opposants et les forces de l’ordre à Dakar, la capitale.
Des opposants parlent de plusieurs arrestations. Ces heurts ont été dispersés à coup de gaz lacrymogène. Aminata Touré, opposante et ancienne Première ministre, autre farouche adversaire de l’ajournement, a été arrêtée lors d’un des rassemblements, selon Guy Marius Sagna. L’accès aux données mobiles internet a été coupé à Dakar.
Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, a appelé les Sénégalais à régler leur « différend politique par la concertation, l’entente et le dialogue », et demandé aux autorités « d’organiser dans les meilleurs délais les élections, dans la transparence, la paix et la concorde nationale ».
La décision annoncée samedi par le président Macky Sall de reporter la présidentielle, une première depuis l’indépendance, a provoqué une levée de boucliers et de premières manifestations réprimées dimanche. Elu en 2012 avant d’être réélu, le président Macky Sall n’est pas candidat à la présidentielle.
Cette fois, il risque d’être encore à son poste au-delà de l’échéance de son mandat, censé arriver à terme le 2 avril. Une vingtaine de candidats sont en lice, dont Amadou Bâ, son dauphin, et Khalifa Sall, figure de proue de l’opposition. Les candidatures d’Ousmane Sonko, en détention depuis juillet dernier, et Karim Wade ont été recalées par le Conseil constitutionnel.
La Rédaction

