En exil depuis près d’un an, l’opposant Succès Masra devra bientôt rentrer au Tchad. Mardi 31 octobre, un accord a été signé entre le gouvernement tchadien et le leader du parti les Transformateurs pour son retour sous l’égide du président Tshisekedi, médiateur désigné par la CEEAC dans la crise tchadienne, à Kinshasa.
Abderrahmane Koulamallah, ministre tchadien de la Réconciliation, et Aziz Mahamat Saleh, porte-parole du gouvernement, ont représenté le gouvernement de transition. Kinshasa entend compter sur « la bonne foi » des parties prenantes. Sans doute, c’est un pas important dans la décrispation du climat politique au Tchad, dirigé par le général Mahamat Idriss Déby, fils du président Déby, tué au front en avril 2021.
Le président Tshisekedi promet « d’accompagner le peuple tchadien jusqu’à la décrispation du climat politique pour aboutir à l’organisation des élections démocratiques, libres, transparentes et apaisées ».
Alors qu’il avait annoncé son retour au Tchad le 18 octobre après un an d’exil, Succès Masra, farouche opposant à la junte, a été visé par un mandat d’arrêt international. Le document qui a fuité sur les réseaux sociaux, dont l’authenticité a été confirmée par des sources à N’Djamena, a retardé le retour de M. Masra. Pourtant, ses sympathisants lui recevaient un accueil triomphal.
Le 20 octobre 2022, une manifestation contre la prolongation de la période de transition, à l’appel de l’opposition, a été réprimée dans le sang. Une cinquantaine de personnes ont été tuées. Des centaines autres blessés et interpellées. Dans la foulée, l’opposant Succès Masra avait fui le pays dans un contexte tendu.
Béni Bavila

