Sortie de l’aéroport internationale de Maya-Maya, au Congo Brazzaville. Un taxi arrive. Les clients se ruent dessus. La pratique surprend à Brazzaville. Les clients avaient l’habitude de prendre seul un taxi, sans se bousculer avec d’autres personnes. Le temps a changé, comme nous confie une passagère.
«Je prends de plus en plus un taxi avec d’autres passagers. Chacun paie sa course à 1000 FCFA. Je vis à Ngangalingolo, en périphérie sud de Brazzaville, à plus de 20 kilomètres de la capitale. J’avoue que c’est un peu inconfortable de partager le taxi avec d’autres passagers. Mais le plus important, c’est d’arriver à destination», confie Béatrice Nzolani, tenancière d’un restaurant au centre-ville de Brazzaville.
Avant, les taxis étaient individuels. Un seul passager pour une seule course. Et les conducteurs sillonnaient les avenues dans les quartiers pour chercher des clients. Et, les chauffeurs déposaient les clients jusque devant leurs maisons.
Aujourd’hui, les habitudes ont changé. Un taxi se partage entre deux ou trois passagers qui vont parfois dans différentes directions. «Je demande au premier client si je peux prendre un deuxième et même un troisième. Et la plupart du temps les clients acceptent. Cela me permet d’avoir mon versement et l’argent du carburant avant la fin de la journée », se satisfait Junior Olingou, un chauffeur de taxi.
Avec l’arrivée de la pandémie, certains clients hésitent de partager le taxi avec d’autres passagers, par peur de se faire contaminer. Le gouvernement du Congo-Brazzaville permet aux chauffeurs taxi de prendre entre deux et trois personnes dans leur véhicule. Une opportunité qui réjouit les conducteurs, et ne fait pas toujours le bonheur des clients.
Achille Tshitoko

