[Tribune de Dédé Watchiba] : « Bâtir l’avenir de la RDC : Conseils pour un deuxième mandat réussi sous la présidence de Félix Tshisekedi»

Introduction

La République Démocratique du Congo, joyau de l’Afrique, se trouve à un moment charnière de son histoire. Alors que le Président Félix Tshisekedi entame son deuxième mandat, les attentes sont nombreuses pour une nation qui occupe une place stratégique dans la lutte contre le changement climatique et la transition énergétique mondiale, grâce à son immense forêt et ses autres précieuses ressources naturelles, notamment les métaux critiques. La RDC est ainsi appelée à jouer un rôle clé dans la défense de la planète et dans la promotion d’un avenir plus durable.

Pays riche en ressources naturelles et culturelles, la RDC mérite un avenir où la paix, la justice, la transparence et le développement durable sont des réalités tangibles. Les défis sont nombreux, mais les opportunités aussi, et la manière dont la RDC naviguera ces eaux incertaines aura un impact significatif sur son avenir, celui de sa population et du monde entier.

Les professeurs de sciences politiques ont un rôle crucial à jouer dans l’amélioration du système politique de leur pays et dans son développement en éduquant, en informant, en critiquant de manière constructive et en formant les citoyens et les leaders de demain. Leur contribution à la compréhension de la politique et de la gouvernance est essentielle pour favoriser une société plus éclairée, engagée, développée et démocratique.

Dans cet esprit, ce document vise à offrir une réflexion approfondie sur les orientations et les conseils destinés à guider la RDC vers une gestion inclusive et prospère au cours du deuxième mandat du Président Tshisekedi. Il examine les rôles essentiels de divers acteurs, notamment le Président et son gouvernement, l’opposition, la société civile, les pays voisins et la communauté internationale, dans la poursuite de ces objectifs communs.

La réussite du deuxième mandat du Président Tshisekedi en RDC dépendra de la coopération et de l’engagement à la fois du Président Tshisekedi, de sa coalition (Union Sacrée Nationale), de l’opposition, de la société civile, des pays voisins et de la communauté internationale. En travaillant ensemble pour promouvoir la stabilité, la démocratie et le développement, ils peuvent contribuer à un avenir meilleur pour la RDC, sa population et la population mondiale.

I. Président Tshisekedi et son gouvernement

Il est essentiel que le Président Tshisekedi fasse preuve de leadership, d’engagement envers la démocratie et d’écoute envers les besoins de la population pour transformer la RDC en une nation prospère et stable. La route sera difficile, mais en suivant les conseils ci-après et en s’appuyant sur les leçons tirées de son premier mandat (entre autres, nettoyer son entourage et s’entourer des gens de grande valeur et honnêtes), il peut contribuer de manière significative au développement du pays et à la consolidation de la démocratie en RDC et ainsi devenir l’un des présidents les plus impactants et les plus respectés de l’Histoire de la RDC.

Pour bien diriger le pays au cours de son nouveau mandat jusqu’en 2028 et poursuivre le développement et la consolidation de la démocratie, voici quelques conseils à prendre en compte :

1. Renforcement de la gouvernance et de l’État de droit :
• Focus sur la réhabilitation des services régaliens (Police, Armée, Justice)
• Priorité à la lutte contre la corruption et à la réforme du secteur judiciaire pour garantir une justice indépendante et équitable.
• Mettre en place des mécanismes de transparence dans la gestion des ressources naturelles pour lutter contre la fraude et l’exploitation illégale.

2. Création en priorité d’un système de défense dissuasif et efficace pour garantir la souveraineté et la sécurité de la RDC. Il est essentiel et primordial de mettre en place une armée forte, bien entraînée et disciplinée pour garantir la sécurité du pays et de ses citoyens. Pour ce faire, il faut se focaliser sur le (la) :
a. Recrutement et Formation : Investir dans le recrutement, la formation et le développement professionnel de forces armées. S’assurer que les soldats sont bien formés aux droits de l’homme, à l’éthique militaire et à la protection des civils.
b. Modernisation et Équipement : Moderniser l’armée en fournissant des équipements et des ressources adéquats pour garantir sa capacité de défense. Cela inclut l’acquisition d’armements appropriés et de technologies de pointe pour améliorer l’efficacité opérationnelle.
c. État de droit et Transparence : Veiller à ce que l’armée soit soumise à l’autorité civile et respecte l’état de droit. La transparence dans le budget de la défense et les opérations militaires est cruciale pour garantir la responsabilité et éviter la corruption.
d. Développement des Capacités de Maintien de la Paix : La RDC doit jouer un rôle important dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU. Pour cela, il est important de développer les capacités de l’armée pour soutenir ces efforts.
e. Lutte contre la Corruption Militaire : Prendre des mesures énergiques pour lutter contre la corruption au sein de l’armée, en particulier en ce qui concerne les détournements de fonds et les abus de pouvoir.

3. Développement économique inclusif :
• Investir dans les infrastructures, l’éducation et la santé pour améliorer la qualité de vie de la population et créer des emplois.
• Encourager l’investissement étranger tout en veillant à ce que les ressources du pays profitent aux Congolais.

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4. Promotion de la stabilité politique :
• Travailler à la réconciliation nationale en impliquant toutes les parties prenantes et en mettant en œuvre les accords de paix signés dans les régions en conflit.
• Favoriser le dialogue politique et la participation de tous les acteurs politiques pour éviter les crises et les tensions.

5. Renforcement des institutions démocratiques :
• Consolider les institutions démocratiques, y compris la Commission électorale nationale indépendante (CENI), pour garantir des élections libres et justes.
• Promouvoir la liberté de la presse et les droits de l’homme pour consolider la démocratie et les libertés civiles.

6. Gestion inclusive du pouvoir :
• Travailler avec toutes les parties prenantes, y compris l’opposition et la société civile pour garantir une gouvernance inclusive et une prise de décision collective.
• Éviter la concentration excessive du pouvoir et promouvoir la responsabilité des institutions.

7. Promotion de la décentralisation :
• Développer la décentralisation pour permettre aux provinces d’avoir plus de contrôle sur leurs affaires locales et de participer activement au développement national.
• Appliquer effectivement les textes juridiques en vigueur en matière de décentralisation, spécialement en ce qui concerne les dispositions légales sur les finances.

8. Lutte contre la pauvreté et les inégalités :
• Mettre en place des programmes sociaux visant à réduire la pauvreté et à améliorer les conditions de vie des Congolais les plus vulnérables.

9. Consolidation des relations internationales :
• Travailler en étroite collaboration avec les partenaires internationaux pour obtenir un soutien financier, technique et politique pour le développement de la RDC.

II. Coalition « Union Sacrée Nationale »

La coalition des partis politiques formant « l’Union Sacrée Nationale » a un rôle crucial à jouer dans la réussite du mandat présidentiel. En maintenant l’unité, la responsabilité, la transparence et en mettant en avant l’intérêt national, elle peut contribuer à la consolidation de la démocratie et au développement de la RDC.

Voici quelques conseils à l’intention de cette coalition des partis politiques de l’Union sacrée nationale qui soutiennent le Président Tshisekedi dans la gestion du nouveau mandat présidentiel en RDC :

1. Maintien de l’unité et de la cohésion :
• Il est essentiel que la coalition reste unie et cohérente dans son soutien au Président Tshisekedi. Les divisions internes peuvent affaiblir la stabilité politique et la capacité à mettre en œuvre des réformes.

2. Responsabilité et transparence :
• Les partis de la coalition doivent s’engager à être responsables et transparents dans leur gestion des affaires publiques. Cela inclut la gestion des ressources et des fonds publics.

3. Collaboration avec d’autres acteurs politiques :
• Tout en soutenant le Président Tshisekedi, la coalition doit également chercher à travailler avec d’autres acteurs politiques, y compris l’opposition, pour promouvoir le dialogue et la stabilité politique.

4. Surveillance et contrôle des institutions gouvernementales :
• Les partis de la coalition devraient exercer une surveillance active sur les institutions gouvernementales pour s’assurer qu’elles fonctionnent de manière transparente et efficace.

5. Priorité à l’intérêt national :
• La coalition doit toujours mettre en avant l’intérêt national au-dessus des intérêts partisans. Les décisions et les politiques doivent être axées sur le bien-être de la population congolaise.

6. Participation de la société civile :
• Il est important d’encourager la participation active de la société civile dans le processus politique et de prendre en compte les préoccupations et les besoins de la population.

7. Lutte contre la corruption :
• Les partis de la coalition doivent prendre des mesures fermes pour lutter contre la corruption à tous les niveaux de gouvernement et veiller à ce que les ressources du pays soient utilisées de manière responsable.

8. Éducation politique et civique :
• Promouvoir l’éducation politique et civique au sein de la population pour renforcer la compréhension des processus démocratiques et encourager une participation éclairée.

9. Développement économique et social :
• Soutenir les politiques visant à stimuler le développement économique, à créer des emplois et à améliorer les conditions de vie de la population.

10. Consolider les institutions démocratiques :
• Soutenir la consolidation des institutions démocratiques, y compris la Commission électorale nationale indépendante (CENI), pour garantir des élections libres et équitables.

III. L’opposition

Voici quelques conseils pour l’opposition :

1. Engagement constructif :
• L’opposition devrait continuer à jouer un rôle actif et constructif dans le processus politique en RDC en proposant des alternatives et en participant au dialogue national.

2. Respect des institutions démocratiques :
• Il est essentiel que l’opposition respecte les institutions démocratiques, y compris la Commission électorale nationale indépendante (CENI), et utilise les canaux légaux pour faire valoir ses préoccupations.

3. Surveillance des actions gouvernementales :
• L’opposition doit surveiller de près les actions du gouvernement et veiller à ce qu’il soit tenu responsable de ses actes. Elle doit également lutter contre la corruption et l’abus de pouvoir.

IV. La société civile

1. Engagement continu :
• La société civile devrait continuer à jouer un rôle de surveillance et d’advocacy pour s’assurer que les intérêts de la population sont pris en compte dans les politiques et les décisions gouvernementales.

2. Plaidoyer pour la transparence :
• La société civile doit continuer à plaider en faveur de la transparence dans la gestion des ressources naturelles et des fonds publics, et lutter contre la corruption.

Lire aussi :  [TRIBUNE] : « FRAGILISATION DE LA DEMOCRATIE EN AFRIQUE », (Dede Watchiba)

3. Éducation et sensibilisation :
• Il est important de poursuivre les efforts d’éducation civique pour informer la population sur ses droits, les processus démocratiques et la responsabilité gouvernementale.

V. Aux pays voisins

1. Coopération régionale :
• Les pays voisins de la RDC devraient continuer à travailler en étroite collaboration avec le gouvernement congolais pour promouvoir la stabilité et le développement régional.

2. Résolution des conflits :
• Les pays voisins devraient soutenir les efforts visant à résoudre les conflits en cours dans la région des Grands Lacs pour garantir la paix et la sécurité.

3. Promotion du commerce régional :
• La promotion du commerce régional peut contribuer au développement économique de la RDC et de ses voisins. La coopération économique devrait être encouragée.

VI. La communauté internationale

1. Soutien aux institutions démocratiques :
• La communauté internationale devrait continuer à soutenir la consolidation des institutions démocratiques en RDC, y compris la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

2. Lutte contre l’impunité :
• Il est essentiel que la communauté internationale continue de soutenir les efforts visant à lutter contre l’impunité pour les violations des droits de l’homme et la corruption en RDC.

3. Assistance humanitaire :
• La RDC a besoin d’une assistance humanitaire continue pour faire face aux crises humanitaires en cours. La communauté internationale doit rester engagée dans ce domaine.

4. Promotion du développement :
• La RDC a un immense potentiel de développement. La communauté internationale devrait continuer à soutenir les projets visant à stimuler la croissance économique et à améliorer les conditions de vie de la population.

Conclusion

Alors que la RDC amorce son deuxième mandat sous la direction du Président Félix Tshisekedi, elle se trouve à un carrefour déterminant de son avenir. Les espoirs et les aspirations du peuple congolais demeurent élevés. La nation, riche en ressources naturelles et culturelles, occupe une place stratégique tant sur le plan politique que sur celui de la lutte contre le changement climatique et la transition énergétique à l’échelle mondiale, grâce à ses métaux critiques. La RDC est désormais appelée à jouer un rôle majeur dans la protection de notre planète et dans l’édification d’une économie mondiale plus durable.

Ce document a exploré les rôles cruciaux des divers acteurs nationaux et internationaux dans la réalisation d’une gestion inclusive et prospère au cours de ce deuxième mandat. Il a mis en évidence l’importance de renforcer la démocratie, de promouvoir le développement et de gérer les ressources naturelles de manière durable. De plus, il a souligné la nécessité pour la RDC de concilier son développement économique avec la protection de son environnement riche en biodiversité et son rôle clé dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

La RDC, en tant que fournisseur majeur de métaux critiques essentiels à la transition énergétique et technologique mondiale, est en passe de devenir un acteur incontournable dans la lutte contre le changement climatique. Son potentiel pour contribuer à une économie plus verte, tout en préservant son environnement naturel unique, est une opportunité à saisir.

En fin de compte, la réussite de ce deuxième mandat repose sur l’engagement collectif envers la démocratie, la stabilité, le développement durable et la protection de la planète. Avec détermination et action concertée, la RDC peut forger un avenir meilleur pour elle-même et pour le monde, en honorant sa place stratégique dans la quête d’un monde plus vert et plus équitable.

Cette réflexion a couvert les principaux acteurs impliqués dans la gestion du deuxième mandat du Président Tshisekedi en RDC, notamment le gouvernement, l’opposition, la société civile, les pays voisins et la communauté internationale. Cependant, il est important de noter que la situation politique et sociale en RDC est complexe, et il peut toujours y avoir d’autres acteurs pertinents à prendre en considération en fonction des développements spécifiques.

Quelques autres acteurs potentiels à considérer pourraient inclure :
1. Les groupes armés et les milices locales : En RDC, il existe de nombreux groupes armés actifs dans certaines régions. Leur désarmement, leur démobilisation et leur réintégration sont des défis importants pour la stabilité du pays.
2. Les leaders religieux et traditionnels : En tant qu’influenceurs importants au sein de la société congolaise, les leaders religieux et traditionnels peuvent jouer un rôle dans la promotion de la paix, de la réconciliation et de la stabilité.
3. Les acteurs économiques : Les entreprises locales et internationales, en particulier dans le secteur des ressources naturelles, ont un impact significatif sur l’économie congolaise. Leur engagement en matière de responsabilité sociale des entreprises peut être crucial.
4. La diaspora congolaise : La diaspora congolaise, répartie dans le monde entier, joue un rôle en tant que source de soutien financier et politique, ainsi que d’expertise dans divers domaines, mais aussi en tant que problème compte tenu du faible niveau de formation d’une partie de cette diaspora qui exerce une certaine influence sur une partie de la population congolaise.

Professeur d’Universités, Chercheur et Analyste politique, Dédé Watchiba

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