En Tunisie, l’opposition annonce la création d’un Front de salut national pour « sauver » le pays de sa profonde crise après le coup de force du président Kais Saied. Cette annonce a été faite par Ahmed Néjib Chebbi, figure politique de gauche, lors d’un point de presse ce mardi 26 avril.
D’après lui, le Front de salut national vise à rétablir le processus démocratique et constitutionnel garantissant les droits et les libertés. « Nous voulons le retour à la légitimité et à la démocratie », indique Ahmed Néjib Chebbi.
Selon cette figure politique de gauche, « la priorité de ce Front est de sauver une économie en profonde récession en raison d’une situation politique pourrie qui repousse les investisseurs ».
Cette coalition d’opposition est composée de cinq partis politiques parmi lesquels le mouvement d’inspiration islamiste Ennahdha et cinq associations, a précisé M. Chebbi. Ce dernier appelle d’autres partis à rejoindre ce front avant de lancer un dialogue national sur des réformes destinées à sauver le pays, en proposant la mise en place « d’un gouvernement de salut ».
Élu en 2019, Kais saied s’est arrogé les pleins pouvoirs. Fin juillet 2021, il a limogé le Premier ministre et suspendu le Parlement avant de le dissoudre en mars dernier. C’était après que l’Assemblée des représentants voulait se réunir contre le président tunisien.
Le président Kais Saied a aussi dissous le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) qu’il a remplacé par un organe de supervision judiciaire « temporaire », dont il a nommé les membres. En avril, il a nommé de son propre gré le chef de l’Autorité électorale à quelques mois d’un référendum et un scrutin législatif que cette instance doit superviser.
Mais l’opposition accuse le président Kais Saied de dérive dictatoriale et dénonce un coup d’Etat institutionnel.
Joe Kashama

