Tunisie : treize juges révoqués déférés devant la justice antiterroriste

Treize magistrats de 57 juges révoqués sont accusés de complot contre la sûreté de l’Etat et de formation d’une alliance terroriste en Tunisie, ont annoncé les sources judiciaires ce mercredi 28 décembre.

La justice antiterroriste demande la levée de l’immunité de ces juges pour pouvoir les interroger en lien avec des présumés crimes « terroristes ».

A la suite de cette demande, le CSM a convoqué les 13 juges pour qu’ils se présentent dans ses bureaux le 24 janvier, selon Me Ayachi Hammami, porte-parole officiel du collectif de défense des juges révoqués. Ce dernier dénonce « une affaire purement politique ».

La requête du pôle antiterroriste survient sept mois après que le président Kais Saied, qui a renforcé sa tutelle sur le système judiciaire, a révoqué 57 magistrats, les accusant de corruption et d’entrave à plusieurs enquêtes, particulièrement celle en lien avec les assassinats de deux opposants de gauche en 2013.

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« Mais en août, la justice a décidé de suspendre la révocation de 49 de ces juges, dont ceux convoqués par le CSM », a dit l’avocat Ayachi Hammami.

Sur instruction de la ministre de la Justice, Leila Jaffal, le pôle judiciaire antiterroriste a ouvert durant l’été une enquête contre ces 13 juges « pour des crimes terroristes », selon la même source.

La révocation des 57 magistrats avait été dénoncée par plusieurs ONG, dont Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International, comme une « attaque directe contre l’Etat de droit » et avait entraîné une grève de plus d’un mois très suivie de leurs collègues.

Assurant agir dans l’intérêt du pays qu’il jugeait ingouvernable, M. Saied s’était arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet 2021, faisant craindre une dérive autocratique dans le berceau du Printemps arabe. Il a dissous en février l’ancien Conseil supérieur de la magistrature et l’a remplacé par un organe provisoire dont il a nommé les membres.

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Ali Maliki

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