Le canal de Suez ne peut être vendu, loué ou placé en garantie pour un emprunt, a assuré Oussama Rabie, directeur général de l’Autorité du canal de Suez (SCA) jeudi 22 décembre. Il souligne que l’objectif est d’attirer des investissements étrangers.
Mardi 20 décembre, le Parlement égyptien a donné son accord de principe à un projet de loi voulant créer un Fonds du canal de Suez qui pourra « exercer différentes activités économiques comme la création de sociétés d’investissement et l’achat, la vente, la location, l’émission d’obligations ».
De son côté, l’opinion publique redoute que la souveraineté de l’Egypte sur le canal soit remis en question, alors que le pays est étranglé par une dette extérieure de 150 milliards Usd et a déjà dévalué sa monnaie de 57% depuis mars.
Selon l’économiste égyptien Hani Toufic, ce projet viserait à « remplacer la dette de l’Etat par le placement en garantie des revenus du canal ».
Mais aussi l’ancien patron de la SCA Mohab Mamish estime que ce projet de loi ouvre la porte à des changements sans précédent qui permettent la présence d’étrangers dans la gestion du canal.
« Des investisseurs étrangers pourraient changer le système en place depuis des années et qui a rapporté des bénéfices records », a-t-il indiqué à des médias locaux.
En juillet, le canal de Suez avait annoncé un bénéfice record de 7 milliards de dollars (environ 6,7 milliards d’euros).
L’étude de ce projet de loi survient alors que l’Egypte a sollicité l’aide du Fonds monétaire international (FMI) qui a approuvé mi-décembre un prêt sur 46 mois de 3 milliards de dollars.
Ce soutien financier a été accordé en échange d’un programme visant à préserver la stabilité macroéconomique, ouvrir la voie à une croissance durable, inclusive et tirée par le secteur privé.
Les mesures doivent également permettre de réduire la dette publique, tout en augmentant les dépenses sociales.
La Rédaction

