Alors que les experts onusiens ont soupçonné des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par toutes les parties au Tigré dans un rapport, Addis-Abeba s’est lancé dans une offensive diplomatique pour empêcher une enquête des Nations Unies pour faire la lumière ces violations des droits humains.
Pour Demeke Mekonnen, chef de la diplomatie éthiopienne, des enquêtes soutenues par les Nations Unies sur les violences des droits humains pourraient « saper les progrès de l’accord de paix » signé entre les autorités et les rebelles tigréens à Pretoria pour mettre fin à la guerre.
Addis-Abeba rejette aussi le rapport d’experts onusiens sur les violations des droits humains. Tout comme Issaias Afeworki, président érythréen, qui le qualifie de « chimère » et de « désinformation ».
Les États-Unis et des organisations de défense des droits humains les ont accusées d’avoir commis des atrocités durant le conflit, notamment le massacre de centaines de civils. Mais Addis-Abeba et Asmara, quant à eux, ont nié pendant des mois toute implication érythréenne au Tigré jusqu’en mars 2021.
En fait, Abiy Ahmed, Premier ministre éthiopien, avait finalement la présence des troupes érythréennes, accusées de massacres et de viols tout au long du conflit, notamment dans la ville d’Aksoum ou le village de Dengolat. Si leur départ a été plusieurs annoncé, cela n’a jamais été vérifié.
Dans le nord de l’Éthiopie, la région du Tigré a été plongée dans un conflit qui a opposé les forces éthiopiennes, soutenues par les forces érythréennes, aux rebelles tigréens. Jusque-là, le bilan précis de ce conflit, qui a éclaté en novembre 2021, est inconnu. Mi-janvier, Olusegun Obasanjo, envoyé de l’Union africaine pour la Corne de l’Afrique, a fait état d’au moins 600.000 personnes tuées. Les accès au Tigré étant restreints, il est impossible de vérifier de manière indépendante la situation sur le terrain.
La Rédaction

