Bêlements des moutons. Odeur puante des excréments des chèvres. Une centaine béliers logés le long de la route dans un quartier populaire de Kinshasa, capitale de la RDC. Des clients se bousculent auprès des vendeurs pour acheter un bélier. C’est pour la Tabaski, une importante fête musulmane. Les musulmans congolais déplorent la flambée des prix du bétail et plus particulièrement celui du mouton.
«Je n’arrive pas à avoir un mouton. Le prix est très élevé que l’année passée», confie Fousseini, la trentaine, à SahutiAfrica. Il est 09 heures à Kinshasa. Il y a peu d’acheteur au marché de bétail de la mosquée d’Usoke. Les rares acheteurs qu’on trouve sur ce lieu de vente ne cachent pas leur inquiétude face à cette flambée de prix. «Je viens d’acheter ce mouton à 250$, alors que les années précédentes, je n’allais même pas dépenser plus de 180$ pour l’acheter», se plaint Moussa Rachid, homme d’affaires à la cinquantaine.
Si pour les clients, le prix du bélier est à la hausse, ce n’est pas le cas pour les vendeurs. «L’augmentation du prix de l’aliment de bétails pose problème. Les aliments qu’on achetait à 8.000 FC sont maintenant vendus entre 12.500 FC voire 15.000 FC», explique Ousmane, vendeur des moutons.
«Il y a très peu de chance que les prix baissent avant la fête, car la plupart des bétails qui se trouvent sur le marché ont été achetés à des prix élevés. Et nourris avec des aliments achetés aux prix actuels. Si les vendeurs baissent leurs prix, ils ne pourront pas réaliser le moindre bénéfice», indique Dramane Moussa, cadre de l’association des vendeurs du bétail de Kinshasa.
L’Aïd al-Adha appelée Tabaski ou encore «la fête du mouton» dans les pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Une des célébrations importantes de musulmanes. Elle est célébrée plus de deux mois après le Ramadan.
Ali Maliki

