Au moins dix soldats burundais ont été tués dans l’attaque menée mardi par les islamistes radicaux shebab contre une base de la force de l’Union africaine (UA) en Somalie, a annoncé mercredi 4 mai l’armée burundaise, le premier bilan officiel de cet assaut.
Ni les autorités somaliennes, ni l’UA n’ont jusqu’à présent évoqué de bilan, se contentant de condamner dans des communiqués mardi l’attaque menée contre un poste avancé de la Mission de transition de l’UA (Atmis) tenu par des soldats burundais près du village de Ceel Baraf, à 160 kilomètres au nord-est de la capitale Mogadiscio.
Deux sources militaires burundaises ont pourtant fait état à l’AFP d’un bilan plus lourd de quarante-cinq soldats tués ou manquant à l’appel. « Pour le moment, le bilan provisoire est de quarante-cinq soldats tués ou portés disparus (…). Il y a également vingt-cinq soldats qui ont été blessés, dont deux grièvement », a déclaré l’une de ces sources, sous couvert d’anonymat.
Lancée vers 05H00 du matin (03H00 GMT), l’attaque de mardi « a été menée avec des véhicules piégés, des kamikazes et des hommes lourdement armés », a détaillé l’Etat-major burundais dans son communiqué, évoquant « des combats violents » et des « dégâts des deux côtés ».
« Des shebab armés ont attaqué la base tôt le matin, il y a eu de fortes explosions et des échanges d’armes automatiques. Les Burundais ont quitté la base pour entrer dans le village de Ceel Baraf avant que des hélicoptères ne viennent apporter un soutien aérien », avait également raconté dimanche à l’AFP un riverain, Weliyow Maalim.
Dans divers messages publiés sur Twitter, les représentations de l’ONU et de plusieurs pays occidentaux en Somalie ont « condamné » mercredi cette attaque revendiquée par les shebab, islamistes radicaux affiliés à al-Qaïda qui combattent le gouvernement fédéral somalien soutenu par la communauté internationale.
« Nous sommes aux côtés d’Atmis et des forces de sécurité de la Somalie » pour « parvenir à la paix », a notamment déclaré l’ambassade américaine, tandis que l’ambassadrice britannique Kate Foster a affirmé sa « solidarité » dans la lutte contre le terrorisme.
L’Atmis, dont les effectifs sont composés de près de 20.000 militaires, policiers et civils issus de pays africains, a formellement remplacé depuis le 1er avril la force de maintien de la paix de l’UA en Somalie (Amisom), avec pour objectif de stabiliser le pays face à l’insurrection shebab d’ici fin 2024.
Présente dans la force militaire de l’UA en Somalie depuis ses débuts en 2007, l’armée burundaise, qui fournit actuellement environ 4.500 soldats à Atmis, paye un lourd tribut dans le combat contre les shebab.
AFP/Sahutiafrica

