Vendredi 8 juillet, Christian Kaboré n’a participé à la rencontre entre le colonel Paul-Henri Damiba, chef de la junte, et les anciens chefs de l’Etat, dont Blaise Compaoré, dans la cadre de la réconciliation nationale à Ouagadougou. Il a été empêché de s’y rendre par ses sympathisants.
Vendredi, M. Kaboré a été empêché de quitter son domicile, envahi par ses militants. Ces derniers ont boycotté sa participation à la rencontre initiée par le président de la transition.
« Ce matin, me préparant pour la réunion, je me suis retrouvé dans la situation où devant la porte, il y avait des personnes exigeant que je n’aille pas à cette rencontre. Au regard du nombre, les CRS sont venus pour voir dans quelle mesure je pouvais m’y rendre », s’est justifié le président Christian Kaboré, évincé par le colonel Damiba le 24 janvier. Il assure tout de même « qu’ils sont déjà dans pas mal de discussions ».
Le Burkina Faso est confronté, depuis 2015, à des attaques de groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique (EI). Aux côtés de Blaise Compaoré, le colonel Damiba a appelé à la cohésion sociale face à l’impasse de la menace djihadiste. Certains ont salué la rencontre entre le chef de la junte et les anciens chefs de l’Etat. D’autre, par contre, estime que c’est une mascarade.
Le retour de Blaise Compoaré, condamné par contumace à la prison à vie pour l’assassinat de son ami et ancien président Thomas Sankara, est au cœur de la discorde. « Ce n’est pas le rôle de Damiba qui a fait un coup d’État de réconcilier les gens. Ce n’est pas une réconciliation, c’est une mascarade », a déclaré Boujari Conombo, président du Brassard noir, mouvement de la société civile, à l’AFP.
Depuis 2015, des attaques djihadistes ont fait des milliers de morts dans le pays. Et plus d’un million de déplacés. Lutte contre la montée de la menace djihadiste, c’est l’une de priorités du colonel Paul-Henri Damiba. Mais l’insécurité persiste.
Raymond Nsimba

