Signature d’un accord de sortie de crise politique au Soudan

Ce lundi 05 décembre, des dirigeants militaires et civils au Soudan ont signé un premier accord visant à mettre fin à la profonde crise politique qui secoue le pays depuis le putsch il y a un peu plus d’un an.

L’accord intervient après de multiples tentatives pour sortir de l’impasse depuis que le chef de l’armée, Abdel Fattah al-Burhane, a pris le pouvoir et évincé les dirigeants civils.

Le coup d’Etat du général Burhane le 25 octobre 2021 a fait dérailler une transition difficile vers un régime civil installé après l’éviction en 2019 de l’ancien président Omar el-Béchir, resté au pouvoir pendant près de trois décennies.

Depuis, des manifestations quasi hebdomadaires contre le putsch ont lieu dans ce pays frappé par une crise économique et une montée de la violence inter-ethnique.

L’accord cadre a été signé par le général Burhane, le commandant paramilitaire Mohamed Hamdan Daglo ainsi que plusieurs groupes civils, notamment les Forces pour la liberté et le changement (FFC) qui ont été évincées lors du coup d’Etat.

Le document a été négocié en présence de responsables des Nations unies, de diplomates occidentaux ainsi que d’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, selon la FFC.

La signature s’est déroulée en présence du représentant spécial de l’ONU, Volker Perthes, et celui de l’Union africaine, Mohamed Belaish.

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« La cérémonie d’aujourd’hui est le point culminant des efforts soutenus déployés par les parties prenantes soudanaises au cours de l’année écoulée pour trouver une solution à la crise politique et rétablir l’ordre constitutionnel », a déclaré Volker Perthes.

Autorité civile de transition

Le général Burhane a promis il y a plusieurs mois un retrait de l’armée du pouvoir pour permettre aux groupes politiques de former un gouvernement civil, alors que les manifestations anti-putsch ont fait 121 morts depuis un an.

Au cours de la cérémonie, le général Daglo a réitéré l’engagement de l’armée à quitter la scène politique en déclarant qu’il était « essentiel de construire un régime démocratique durable ».

L’accord a été annoncé à l’issue d’une réunion vendredi entre les Forces pour la liberté et le changement et d’autres groupes politiques avec de hauts responsables militaires, en présence de responsables de l’Union africaine, de l’ONU, de l’IGAD, ainsi que de diplomates occidentaux. Il constitue la première étape d’un processus politique en deux phases.

Dans un premier temps, « l’accord cadre jette les bases de l’établissement d’une autorité civile de transition », ont indiqué les FFC, notant que d’autres groupes civils l’avaient également signé.

La deuxième phase comprend un accord final traitant de questions telles que la justice transitionnelle et les réformes de l’armée, phase qui devrait être achevée « d’ici quelques semaines », selon un communiqué des FFC.

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Cependant, cette partie est beaucoup plus épineuse, des observateurs se demandant si l’armée serait disposée à renoncer à des intérêts économiques et à des pouvoirs plus larges qu’elle considère comme son domaine privilégié.

« La première phase de l’accord est un engagement de très bas niveau de la part de Burhane qui lui permet de survivre politiquement », a déclaré Kholood Khair, analyste d’un groupe de réflexion basé à Khartoum.

Mais les signataires seront probablement confrontés à « une véritable crise politique alors qu’ils commencent à parler sérieusement des réformes du secteur de la sécurité, de la justice transitionnelle (et) de la responsabilité financière », a-t-elle ajouté.

Les militants pro-démocratie opposés à « toute négociation, tout partenariat » avec l’armée depuis le coup d’Etat ont appelé à des manifestations de masse contre l’accord.

Les principaux anciens dirigeants rebelles, qui ont signé des accords de paix avec le Soudan en 2020 et soutenu l’armée après le coup d’Etat, ont également exprimé leur opposition à l’accord.

Le porte-parole de l’ex-mouvement rebelle Justice et Egalité, Mohamed Zakaraia, a vivement critiqué l’accord dans une déclaration à l’AFP, estimant qu’il entraînerait « des conséquences désastreuses et compliquerait davantage la vie politique ».

AFP/Sahutiafrica

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