Pendant que la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) prépare des élections générales, l’appareil judiciaire semble inapte à résister à l’excessive immixtion du pouvoir exécutif, dénonce l’Institut de recherche en droits humains (IRDH) dans un rapport publié ce lundi 21 août.
« Il est inadmissible que des magistrats s’adonnent à l’activisme politique ou se soumettent aux diktats des membres de l’Exécutif, contrairement à l’article 150 de la Constitution qui attribue au Pouvoir Judiciaire le devoir de garantir, impartialement, les libertés individuelles et les droits fondamentaux à tous les citoyens », indique ce document.
D’après cette structure basée à Lubumbashi, capitale de la province du Haut Katanga, certains magistrats s’adonnent à l’activisme politique. Ces derniers, affirme cette source, « proposent des jugements iniques ou exécutent des ordres manifestement illégaux des membres de l’Exécutif, espérant bénéficier des avantages indus, au détriment de l’indépendance du pouvoir judiciaire ».
Cette organisation évoque notamment le cas qu’un ministre provincial de l’Intérieur aurait réussi à obtenir une condamnation « injuste » de deux de ses anciens membres du parti.
Me Tshiswaka Masoka Hubert, Directeur général de l’IRDH, trouve « absurde que des magistrats s’engagent dans des telles considérations politiques, au lieu de ne se soumettre qu’à l’autorité de la loi, en vertu de la Constitution de la République ».
Entre-temps, le climat politique se crispe en RDC, où la tension ne faiblit pas entre l’opposition et le pouvoir. Il s’agit notamment du camp de l’opposant Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle, qui se disent être victime de la chasse aux sorcières, brandissant les procès contre les proches de l’ancien gouverneur du Katanga.
Joe Kashama

