Alors que la présidente de l’Assemblée nationale demande la suspension de l’élection, le camp d’Andry Rajoelina, président sortant, s’y oppose. A une semaine du premier tour de la présidentielle, le climat est toujours tendu.
Il y a quelques semaines, Christine Razanamahasao, président de l’Assemblée, a initié une médiation entre les parties prenantes, estimant que le Madagascar se trouve dans « l’impasse ». C’était après l’échec de la médiation du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de la Grande île (FFKM).
Le groupe de médiation dirigé par Mme Razanamahasao justifie sa demande. « Les conditions pour une élection apaisée, crédible et acceptée de tous ne sont pas réunies », a déclaré la présidente de l’Assemblée nationale devant un parterre de journalistes. Elle appelle la communauté internationale à « prendre ses responsabilités et ne pas rester des spectateurs ».
Pourtant, la loi malgache ne prévoit pas la suspension d’une élection présidentielle. Cela devra l’objet d’un accord du gouvernement pour être efficace. Entre-temps, dans le camp du président sortant, cette demande passe mal. Pas question de suspendre l’élection, a aussitôt rétorqué Lalatiana Rakotondrazafy, porte-parole de campagne d’Andry Rajoelina. Pour lui, c’est une demande « farfelue ».
« Il n’y a aucune raison pour que les élections ne se respectent pas le 16 novembre », a réagi M. Rakotondrazafy à l’AFP.
Dans un communiqué, huit pays et organisations, dont les Etats-Unis et l’Union européenne, ont exprimé leur profonde tristesse suite aux incidents « violents des derniers jours ».
Initialement prévu le 9 novembre, le premier tour de la présidentielle aura lieu le 16 novembre. En fait, la Haute cour constitutionnelle avait reporté le scrutin d’une semaine à la suite de la blessure d’un candidat lors d’une des manifestations de l’opposition, dont plusieurs ont été dispersées par les forces de l’ordre à coups de gaz lacrymogènes.
Le président Andry Rajoelina est candidat à sa propre succession et affronte une dizaine de challengers. Pourtant, le climat politique se crispe et est tendu.
Depuis début octobre, les candidats d’opposition, réunis dans un collectif, appellent à manifester sur la place du 13-Mai à Antananarivo, la capitale. Des manifestations interdites et régulièrement dispersées par les forces de l’ordre. Plusieurs candidats de l’opposition refusent d’entamer la campagne électorale, arguant que les conditions ne sont pas réunies pour des élections « crédibles et transparentes ».
Trésor Mutombo

